Il y a un peu plus d'une semaine, lors d'un passage à la Fnac (c'est le mal, je sais), je suis allée fureter du côté des tarots, avec la vague idée de jeter un petit coup d'oeil aux coffrets, comme ça, pour voir (ce que je suis naïve, parfois). Je n'avais pas l'intention d'acheter quoi que ce soit quand je suis tombée sur ceci :

 DSC_0095

Le tarot d'Or, de Liz Dean.

Je venais juste de lire un ouvrage de Liz Dean, sur les tarots justement, que j'avais pas mal apprécié pour sa lucidité et son synthétisme. La boîte m'ayant attirée au premier regard, le nom de l'auteur m'a poussée à la prendre entre mes mains pour la rapprocher dangereusement de mes yeux déjà séduits. Il s'est alors passé quelque chose. Quelque chose d'indescriptible. Mais que je vais essayer de décrire quand même (moi pas peur, moi warrior).

J'aime les jeux de tarot, passionnément. J'en ai beaucoup, que j'achète le plus souvent pour un coup de coeur visuel, comme des oeuvres d'art, mais en réalité je n'en utilise vraiment que deux : le Visconti-Sforza, qui est mon jeu "public", celui que j'utilise pour les consultations sur les autres (il a donc beaucoup travaillé pendant les fêtes médiévales de cet été, le pauvre), mais jamais pour moi car j'ai compris depuis bien longtemps déjà qu'il refuserait toujours de me répondre. C'est un jeu agréable pourtant, assez "gentil" (je sais que cela peut paraitre un peu barré de parler de gentillesse pour un jeu de cartes, mais je ressens vraiment une personnalité sous-jascente à tous mes jeux, et chacun a son petit caractère), conciliant, qui peut passer de main en main sans saturer (ce qui explique pourquoi il est vite devenu mon jeu "professionnel"). Il me fait penser à un vieux mentor indulgent, du genre à dodeliner de la tête et à vous regarder avec des yeux mi-attendris mi-conciliants. Le second est le Tarot des Secrets, beaucoup plus personnel celui-là, offert par ma Soeur Spirituelle quand elle était encore à mes côtés, que je n'utilise que pour les tirages que j'effectue pour les amis proches et la famille, tant il a un petit côté intime et personnel, façon "je te dis les choses comme elles sont mais ne viens pas me titiller 40 fois, j'ai une vie à côté de toi, qu'est-ce que tu crois ?". Il est plus brutal, je le sens vexé quelquefois, quand on lui pose plusieurs fois la même question sous des tournures déguisées ou que je l'utilise trop. Il sature vite, et je ne le fais pas trop passer d'une personne à l'autre, car je sens bien qu'au bout d'un moment il en a marre. Il a l'air plus jeune, plus incisif, plus direct peut-être. Mais il a moins d'endurance, aussi.
Cela dit, à chaque fois, quel que soit le jeu, quand il s'agit de tirer les cartes pour moi, c'est un désastre : le jeu ne fait que me recracher mes peurs et mes doutes à la figure, sans jamais m'apporter la moindre bribe de réponse ou le moindre conseil. A tel point que j'avais renoncé à me tirer les cartes.

Et pourtant les Dieux savent qu'en ce moment j'en aurais eu besoin. J'ai même envisagé d'aller consulter un tarologue, mais j'ai été rebutée par les tarifs (40 euros pour une séance alors que mes tarifs à moi vont de 3 à 12 euros, ça a tendance à me rendre malade). J'ai même essayé le Belline, qui a la réputation de parler franchement, mais pour moi il est resté hermétique, boudeur. Et pourtant, en ce moment, qu'est-ce que j'en avais besoin ...

Ce jour-là, à la Fnac, dans le rayon ésotérisme, j'ai pris ce coffret de tarots qui avaient l'air si beaux, mélange de style médiéval et d'un minuscule soupçon d'art nouveau, et, sur un coup de tête inexplicable, je l'ai acheté. Toujours sur un coup de tête, sans trop savoir pourquoi et finalement sans chercher à le savoir, une fois rentrée chez moi, je me suis tiré les cartes avec. Pour la première fois de ma vie, un jeu m'a répondu. Clairement, franchement, avec une douceur folle. Il a confirmé ce que je savais déjà sans vouloir me l'avouer vraiment (autruche bonjouuur), m'a donné de vrais conseils, de vrais indices, de vraies réponses. Tout d'un coup, seule dans ma cuisine avec ce jeu que je n'avais pourtant pas encore apprivoisé, je me suis sentie sereine et gonflée d'amour et de reconnaissance pour le paquet de cartes posé devant moi. J'ai su ce que je devais faire, j'ai agi en conséquence, et même si ça a été un peu difficile, je ne le regrette pas, car je sais que c'était le bon choix.

C'est amusant, la vie. Pendant 12 ans j'ai été en quête de mon jeu, je l'ai trouvé quand j'ai renoncé à le chercher. Il n'a rien de spécial, rien de particulier, c'est un tarot parmi tant d'autres. Il est très beau, c'est vrai, mais il en existe de plus somptueux encore, et ça n'a finalement guère d'importance. Je trouve les cartes trop grandes pour mes mains, j'ai parfois du mal à les battre, mais cela fait partie de son essence, de ce qu'il est. Il est déjà tellement clair, il n'allait pas non plus se laisser tripoter facilement ... Il m'a appelé dans les rayons de ce magasin, m'a convaincue de l'acquérir, et a accepté de me parler, à moi et pour moi.

Je ne rédige pas cet article pour vous conseiller ce tarot, puisque je pense que chacun et chacune d'entre nous est unique, et qu'un tarot ne peut pas convenir à tout le monde. Non, si j'écris aujourd'hui, c'est parce que je sais que l'immense majorité des aficionados de la cartomancie sont dans le même bain : pas de souci pour tirer les cartes aux autres, mais page blanche quand il s'agit de le faire pour soi. C'est normal, au fond, on manque d'objectivité, on est remplis de craintes, de doutes, d'espoirs, qui influencent les cartes au moment du tirage. Mais je crois maintenant qu'avec un jeu particulier, qui saura entrer en connexion profonde avec notre être, on peut enfin parvenir à quelque chose. La grande difficulté, c'est de le trouver. Et je ne pense pas qu'il n'y en ai qu'un seul et unique pour toute notre vie, mais plutôt qu'un jeu va nous convenir pendant un certain laps de temps, pendant une période particulière de notre vie, un aspect de notre personnalité profonde. Il suffit de le trouver au bon moment pour faire un bout de route avec lui, un peu comme avec un amant ou un ami. Et c'est une quête où seule l'intuition peut (doit !) servir de guide.

Pour celles et ceux qui sont intéressés, voici un aperçu de quelques lames (vous pouvez cliquer sur les images pour les voir en plus grand) :

DSC_0101

Et du dos des cartes (que j'adore profondément, peut-être autant que les cartes en elles-mêmes) :

DSC_0102