Et bien nous y voilà enfin ! Solstice d'été pour moi, fête de la musique pour le barbichu, et regards anxieux de nos quatre z'yeux dirigés vers le ciel en craignant la pluie annoncée par la météo ... 

Mais la météo se trompe souvent, et cette fois en bien, puisque nous n'avons pas eu une goutte de pluie ce jour-là (du vent, du gris et du froid oui, mais pas de pluie, c'était le plus important). Du coup, pendant que le barbichu courait installer le matos avec ses compatriotes mélomanes, je galopais dans la campagne, panier au bras et bolline à la main, en quête des herbes du solstice. Mes pas m'ont naturellement menée dans mon coin préféré, qui était littéralement blindé de plantes en tous genres ! La pluie insistante de ces derniers mois aura au moins eu pour avantage de générer des pousses impressionnantes (j'ai trouvé un coin littéralement envahi de Digitales Pourpres, c'était magnifique et enchanteur ... Je me serais crue dans le repaire de Roelstra décrit par Amandine Labarre dans son Herbier Féérique) (j'ai récolté en silence, je ne voulais pas réveiller la faë). Le ciel était bas, l'atmosphère assombrie des nuages anthracites gorgés de pluie, avec une lumière rasante, sourde, presque surnaturelle. Même si tout cela manquait un peu de la chaleur saine et claire du soleil, j'avais l'impression d'être passée dans un autre monde, d'avoir mis un pied en Faërie sans le savoir (peut-être avais-je marché sur un pied de Drosera ?). J'ai récolté mes plantes en silence, l'oreille ouverte aux chants lointains des oiseaux invisibles et aux bourdonnements sourds des butineurs ailés, les yeux saturés du vert des feuilles, du jaune des fleurs de Millepertuis et du pourpre des Digitales. 

Je me suis même fait un copain sur une fleur d'Achillée Millefeuille.

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(Photo prise avec mon téléphone, sa seigneurerie le Lépidoptère a été d'une immense patience et d'une disponibilité à toute épreuve) (Je n'ai pas récolté sa fleur, du coup, je trouvais de très mauvais goût de lui piquer son matelas après avoir volé son image)

Comme tous les ans, j'avais dans l'idée de récolter neuf variétés de plantes pour mon bouquet magique, récoltées dans mon Coin et sur mon balcon, puisque je cultive pas mal de plantes du solstice. Mon panier bien rempli de sept belles copines des champs et des bois, j'ai pris le chemin du retour, un peu à regret (mais je devais revenir à la vie profane pour aller jouer les groupies de mon barbichu, et l'heure approchait dangereusement). Sur le chemin du retour, un Sureau Noir me tendait les bras, j'ai échangé quelques cheveux et une poignée de graines contre trois belles ombelles fleuries et pafumées. De retour chez moi, j'ai mis mes belles dans l'eau (je n'avais pas encore le temps de m'en occuper, j'étais attendue, nom d'un borgne à moustache !), donné à manger à Mister Jack (qui chouinait parce que l'heure était passée) et j'ai filé en quatrième vitesse à la fête de la musique (sans même me changer ni prendre un autre sac ... Du coup j'ai passé la soirée dans une robe-pull à capuche bleue, avec une bolline, un sac d'offrandes et un grimoire dans ma besace) (j'ai été une des rares personnes à ne pas souffrir du froid, du coup, vu que je m'étais habillée pour supporter le vent glacé qui souffle souvent dans mon Coin, situé tout en haut d'une colline) (bon, il faut dire aussi que le patron du bar où le barbichu jouait, bien briefé, m'a apporté des chocolats chauds gratuits quasiment tous les trois quarts d'heure). 

Le lendemain, un peu plus fraîche et dispose, j'ai confectionné mon bouquet, en y ajoutant une neuvième plante, de mon balcon cette fois. Je n'ai pas demandé l'amour cette année (pour changer) (et puis le barbichu aurait sans doute fait une drôle de tête), et j'ai lié mon bouquet avec un ruban blanc, avant de le suspendre, tête en bas, dans l'entrée, en face de la porte. 

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Neuf plantes sont contenues dans ce bouquet, sauras-tu les retrouver ? 
(sachant que j'ai déjà cité quatre noms dans mon blabla, et que l'une d'elles est invisible sur la photo - il s'agit d'une fleur de Chardon Marie - il en reste donc quatre à trouver ...)

Ses effets ont déjà commencé à se faire sentir, c'est fou comme cette petite recette de sabbat est efficace ...

Le surplus des plantes a rejoint la petite récolte de la veille du Solstice pour sécher en toute tranquillité (sauf le Sureau qui, en raison de la fragilité de ses fleurs, sèche sur un plat, dans la cuisine). Les fleurs de Sureau ont embaumé mon appartement pendant deux jours, c'était incroyablement agréable ! Je n'en avais jamais assez récolté pour en sentir les effluves, mais je pense sérieusement en faire un pot pourri ou une huile parfumée, tant l'odeur est agréable (moins entêtante que certaines fleurs, fraîche, légère et douce). 

Le solstice est désormais passé, mais Litha est encore là, je le sens ... La célébration est donc encore loin d'être terminée !