(non, je ne te parlerai pas de Game of Thrones c'est juste pour que tu saisisses l'ampleur du désastre) (c'est du domaine de l'épisode 9 de la saison 3) (par contre ce très long article chiant contient une grande abondance de photos de pigeons) (te voilà prévenu)

Bon.

Cela fait quelques temps déjà que cet article trotte dans ma petite tête, sans trop savoir si je devais le poster ou pas. Peur de vous emmerder avec mes tergiversations à la mords-moi l'oreille gauche, peur de virer boooooooring qui se plaint tout le temps, peur de désintéresser, peur aussi de parler de ma vie profane sur mon blog spirituel. Quand on est en arrêt maladie, clouée chez soi 24h/24, on a beau aimer son foyer et la solitude, au bout d'un moment on tourne vite en rond et on réfléchit. On pense. On cogite. Beaucoup. Surtout quand, avec les vertèbres en serpentins de foire, on ne peut pas faire grand chose à part s'asseoir (avec un corset) (je plains tellement les femmes du XVIIIème) et s'allonger en comptant les fissures du plafond et en regardant le nuage-crocodile par la fenêtre bouffer le nuage-cheesecake qui fait de la moto-nuage sur un nuage-champignon) (en plus aujourd'hui, il n'y a pas de nuage. Faiiiiil).

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Vous le savez sûrement, ou si vous ne le savez pas, vous allez le savoir, je suis prof. Oui oui, une vraie, une "instruisou" comme disait (et dit toujours) mon pôpa, une employée de l'Education Nationale, une de celles qui prend vos bambins sous son aile ringarde et (soi-disant) bienveillante. Un suppôt de Satan. Le plus drôle dans l'histoire, c'est que finalement je ne sais pas trop pourquoi et comment (enfin si, j'ai passé un concours, mais je me comprends) j'en suis arrivée là.
Moi, je détestais l'école. J'étais la première de la classe, mais j'étais malheureuse comme une pierre sitôt que je passais le portail. Mais ça ne se voyais pas, au contraire, j'étais l'élève que tous les instits adoraient, qui ramenait toujours de bonnes notes à la maison et des "tb" soigneusement calligraphiés par la maîtresse au stylo rouge dans les marges de ses cahiers. Mais je n'aimais pas l'école. Je m'y ennuyais, malgré les leçons, malgré les copains. J'étais mal dans la cour en béton, mal dans les classes fermées, mal assise sur une chaise toute la journée. Au CM1, ça allait un peu mieux, le maître était un ami de mon père, un brave monsieur "à l'ancienne" sévère mais juste, et, quand j'avais fini mon travail avant les autres (c'est à dire souvent), il me laissait aller admirer la collection de crânes d'animaux et de reptiles conservés dans du formol qu'il gardait dans une armoire fermée, au fond de la classe. J'aurais pu passer des heures rien qu'à les regarder, c'était mon petit bonheur secret. J'avais 8 ans, et j'étais déjà fascinée par les os, par la nature, par la mort et par la vie. Mes camarades me trouvaient bizarre. Je m'en fichais. Je m'en suis toujours fichue.

Collège, noire période (ado moche, lunettes, fuseaux, sweat, années 90 quoi), lycée, j'ai pris en assurance et malgré quelques claques dans la gueule (le coup de la cartomancie par exemple) je m'affirmais de plus en plus. J'arrivais à être moi, malgré les murs gris et les couloirs sans fenêtre, malgré le béton et le ronron sourd des discours formatés de mes professeurs. J'avais toujours des bonnes notes, sans trop d'effort. J'ai eu le bac sans réviser. On m'a dit d'aller en prépa, en bon petit soldat, j'y suis allée.

J'ai démissioné au bout d'un mois. Un mois d'enfer, qui a failli me bousiller. J'étais une bonne élève, oui, mais sans aucun esprit de compétition. Etre meilleure que les autres ? Je m'en tamponne l'oreille avec une patte d'alligator femelle. Or, en prépa, on forme des tueurs, des espions, des traîtres et des assassins, pas des étudiants. Un jour, j'ai séché les cours, je suis allée, un peu par hasard, assister à un cour d'Histoire de l'Art, à la fac. Le lendemain, j'étais dans le bureau du proviseur, ma lettre de démission griffonnée sur une page de classeur, fermée comme une huître devant ses tentatives pour me persuader de rester. J'ai dit deux phrases en une demi-heure :
1) A la question "mais pourquoi, ô pourquoi, voulez-vous partir, très chère demoiselle si précieuse à nos yeux ??" j'ai répondu "parce que je ne veux pas rester".
2) Au bout d'une demi-heure (donc) de sa belle argumentation pour me faire rester, j'ai répondu : "Ok. Je peux y aller maintenant ?".
Et je suis partie. En fermant la porte, j'ai senti des ailes me pousser dans le dos, et j'ai volé jusqu'à la fac où j'ai passé 5 années d'études dans une félicité (presque) totale. J'apprenais. Tout le temps. Des choses nouvelles, passionnantes, et même pour les périodes qui ne me bottaient pas plus que ça (Art Contemporain, si tu m'entends ...) je trouvais un intérêt, parce que je nourrissais ma culture. J'en étais boulimique, mais dans le bon sens du terme (s'il peut y en avoir un). Partout où j'allais, j'ouvrais un regard différent sur le monde, les gens, l'architecture. Je "lisais" les bâtiments, et tout avait un sens. J'avais l'impression délicieuse de comprendre le monde et mes semblables, et de pouvoir m'y faire une place, moi aussi. C'était difficile, mais le challenge me bottait (peut-être pour ça que j'ai pris le directeur de recherche le plus intransigeant et le plus sévère de toute la fac, pour le défi et la beauté de la bataille intellectuelle). Ma spiritualité explosait, nourrie par ce flux de connaissances. J'avais du temps, des libertés, j'allais en forêt toutes les semaines, je prenais plaisir à m'y égarer volontairement pour ensuite guetter les signes qui me remettraient sur mon chemin, parfois à la nuit tombée. Je pratiquais énormément, je vivais en rythme avec les saisons, et même si je devais vivre dans une grande ville que je n'aimais pas la semaine, j'arrivais à trouver de la beauté partout, même dans le petit pissenlit insolent qui poussait dans la fissure du trottoir.

Mais mes économies y sont restées. Magré les bourses, les petits boulots et les aides sociales, au bout de 5 ans, je n'avais plus rien. Et puis, j'avais 22 ans, il était tout de même grand temps que je trouve un VRAI métier (oui, dans la société bien pensante qui sait tellement mieux que toi ce que tu dois faire, il y a un âge pour tout. Je choque encore des gens presque jusqu'à l'AVC quand je dis que j'ai eu le permis à 24 ans). On m'a dit que j'étais pédagogue (ce qui est vrai), à l'aise à l'oral (ce qui n'est pas faux), patiente et assidue (ce qui pourrait être vrai). On m'a dit que je serai super en instit. Que prof, c'était un métier trop cool, parce que :
"Tu te rends compte, tu bosses 4 jours par semaine, tu finis à 16h30 et t'es tout le temps en vacances !"
"Mais j'ai pas fini mon Master 2 ..."
"Mais c'est pas grave ça, avec touuuuuuut le temps libre que tu auras, tu auras laaaaaaaaargement le temps de le finir !"

Je ne suis rien qu'un sale pigeon.

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J'ai végété deux ans à l'IUFM, plante verte au fond de la classe en pleine photosynthèse, je me suis fait chier comme un rat mort parmi des étudiants cons comme des yaourts (à quelques rares exceptions près) et des profs chiants comme la neige-marron-qui-fond. En fac, j'avais 12h de cours par semaine, et j'ai engrangé en 5 ans plus de connaissances que dans tout mon cursus scolaire. Jamais je n'ai séché un seul cours, en 5 ans. En IUFM, j'avais 28h, et j'ai oublié la moitié de ce que j'avais appris dans le vide intersidéral des "cours" non préparés dispensés par des "profs" catapultés là parce qu'on ne savait pas où les mettre, et j'en séchais la moitié.  J'ai perdu deux ans dans une ville fantôme, dans un 14m2 avec deux cochons d'Inde (mes seuls rayons de soleil), à écouter tout le monde me dire : "mais oui, c'est un moment difficile à passer, mais tu verras, quand tu auras ta classe, tu feras ce que tu veux, tu seras tranquille, les profs, c'est bien connu, c'est tous des feignasses qu'on emmerde jamais !"

Mais bien sûr.

Et alors la marmotte, elle met le chocolat dans le papier d'alu ... 

Je ne suis rien qu'un PUTAIN de sale pigeon de MERDE. 

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Et je suis devenue prof. Et je suis devenue conne. Moi qui adorait les tenues extravangantes (si si, les rayures ça va trèèèèès bien avec le tartan !), les colorations de cheveux improbables (si je fais un auburn par-dessus mon bleu nuit, est-ce que ça va donner un violet crépuscule ?), les chaussures importables (une chaussure blanche une chaussure noire, par exemple) (j'ai arrêté quand on m'a dit que Quentin Mosiman faisait pareil) (et je suis passée aux semelles compensées Vichy, ou jaune fluo avec des palmiers vert criard), les bonnets à oreilles de chat et les badges Guiness, j'ai dû m'habiller en gris, en noir, en maaaaarron. Faire des colorations "oui mais pas trop vous comprenez, ça perturbe les enfants" (citation qui date de cette année, adressée par une maman d'élève) (apparemment, ça va creuser un anus supplémentaire à son marmot que j'accentue mon roux). Moi qui pensait transmettre MES connaissances, MON savoir, MA méthodologie, je me suis fait claquer le tableau noir au nez.

"Mais euh ... Par contre c'est faux de dire que les guerres de religions n'ont jamais existé, vous faites quoi des Croisades ? De la Saint-Barthélémy ? De l'Inquisition ?"
"Ta gueule, c'est politique tout ça, regarde, c'est marqué dans le programme, et puis l'Inquisition, ça a pas vraiment existé."
********* HORREUR *********

"J'ai un double niveau, mais j'en ai 5 qui sont très en retard, et 2 très en avance ..."
"Et bien tu fais 9 préparations différentes, pour répondre aux besoins de chacun, il faut DI-FFE-REN-CIER !"
"Oui mais ... Dans ce cas-là pourquoi les évaluations nationales elles sont les mêmes pour tous ?"
"Ben parce qu'ils faut qu'ils soient tous au même niveau, pfffff".
********* EBAHISSEMENT *********

"Mais euh ... Dire que le roman c'est rond et le gothique c'est pointu, c'est faux, l'arc brisé était présent dans l'art roman bien avant l'émergence du gothique !"
"Ta gueule, je te dis, lis le programme !"
"Mais c'est FAUX !"
"Mais c'est pas grave enfin, on s'en fout du roman et du gothique, c'est pas ça qui va faire des élèves des citoyens éclairés !"
********* DAMNATION *********

Eclairés ?? Mais éclairés par quoi ? Les néons clignotants d'une salle de classe, les mêmes que dans les hôpitaux et les prisons ? Et nous dans tout ça ? Et bien nous, on doit être tous dans le même moule, même parti politique, mêmes opinions, même vocabulaire, même tenue vestimentaire. Vous voyez les pions dans un jeu d'échec ? Ceux qu'on met en première ligne, qu'on sacrifie à tour de bras pour sauver Roi et Reine et qui, généralement, finissent la partie en tas de chaque côté de l'échiquier ? Et bien c'est nous. Le pire dans tout ça ? C'est qu'il faudrait qu'on soit contents, qu'on dise merci et qu'on lèche les chaussures crottées de la hiéarchie à longueur de journée.

Je suis entrée en religion. Je suis une petite colombe naïve et un peu nounouille qu'on a collé dans un couvent. Petit problème, je n'ai pas la foi. Et en plus, les bandeaux me donnent mal à la tête. Alors les voiles et les masques, je vous laisse imaginer. Aïe. 

Trois ans. Cinq, si on compte les fabuleuses années d'IUFM. Cinq ans à devoir rentrer dans un moule qui n'a pas ma forme, qui me brise, qui me découpe, qui me lamine à petit feu, physiquement et mentalement. Et tout ça pour quoi ? Pour le POGNON. J'ai fait ce métier parce qu'il fallait payer des factures. Et je me retrouve à payer des frais médicaux qui me transforment en passoire humaine ("ah merde, la veine a craqué, va falloir repiquer dans l'autre bras") ("et ben, 9 piqûre en 6 jours, ça va que vous craignez pas les aiguilles, hein !") (je me dis que le tatouage, finalement, ça va être finger in the nose maintenant), et un pot de Nutella taille 800g par semaine que je boulotte en pleurant à la cuillère à soupe (je compte investir dans une louche) quand je passe mon fameux "temps libre" à faire 48 préparations. Le tout épiée par un "conseiller" qui a pour rôle de m'aider, qui fait des fautes d'orthographe plus grosses que Charlotte après une orgie d'endive Perle du Nord, et qui ne sait même pas comment je m'appelle. 

Impossible de reprendre mon Master 2, ce but si précieux, ce regret qui m'empoisonne le coeur. Du coup, cette année, mon inspecteur m'a infiltré dans le cerveau par des procédés issus du Nécronomicon proposé de me mettre à mi-temps. 

Je suis un PUTAIN de sale pigeon de MERDE unijambiste.

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Du coup, comme j'ai un loyer à payer et qu'il m'arrive de manger, d'allumer la lumière et de me chauffer (fait apparemment extraordinaire pour un instit, puisqu'il est bien connu que nous sommes tous des ascètes sans aucune vie personnelle en dehors de l'école) j'ai pris un autre "petit" job à côté (du soutien scolaire à domicile en anglais). Du coup, entre les trajets, les préparations (pour ma classe et pour mes nombreux élèves de soutien, que j'adore, mais qui, ô joie, ne sont pas deux à avoir le même niveau) (j'ai de tout, de 11 à 24 ans, et je ne suis pas du genre à me pointer sans rien à leur faire faire genre "youpi youpi les amis me voici, alors, qu'est-ce qu'on fait de beau aujourd'hui ?") (surtout que ce job-là, je l'AIME. Mais vraiment. J'aime être avec des gamins pour lesquels l'école ne marche pas, parce que je suis dans le même cas qu'eux, et je peux les comprendre), les corrections et le temps passé avec mes élèves, je travaille 56h par semaine environ (quand je gère bien). Pour un salaire total (mi-temps d'instit et soutien scolaire) de moins de 1100€ (je gagnerais plus en vidant les poubelles de mon immeuble. Et j'ai une Maîtrise Recherche et un Master Pro. C'est vachement bien, les diplômes, hien ?). Et pendant le "temps libre" qu'il me reste, oh mince alors, il est l'heure de manger/dormir/meeeerde la bibliothèque est fermée. Et mon mémoire est au point mort. C'est pas comme si, ça aussi, ça m'avait coûté du fric (les inscriptions à la fac, c'est loin d'être donné) (mais bon, tu gagnes 1€ sur les places de ciné, j'y suis allée deux fois l'année dernière, je me sens tellement rentabilisée). Et, naturellement, bien que techniquement je sois en dessous du seuil de pauvreté (certains mois je gagne 735€) je n'ai droit à aucune aide, parce que je suis FONCTIONNAIRE. Et en plus, ô tare des tares, je n'ai pas d'enfants !

Ha. Ha. Ha. La bonne blague. La collègue de ma mère, vendeuse, gagne 1200€ par mois, plus 200€ de RSA. Mais elle a un fils, elle. Cherchez l'erreur.

Je suis un PUTAIN de sale pigeon de MERDE unijambiste plumé.

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Autant dire que là-dedans ma spiritualité a pris un coup de bazooka dans les ailes (de pigeon) elle aussi. Je me suis sentie déconnectée, coupée de tout ce qui faisait qui j'étais vraiment, au plus profond de moi. Je ne célèbrais que peu, ou plus, je pratiquais dans une sorte de déprime insipide dénuée de sens, même mon autel avait fini par être juste de la déco. Ah on est loin de la fille qui courait dans les bois en détournant les chasses à courre et en faisant des câlins aux arbres, qui chopait les rainettes après les jours de pluie et leur faisait des bisous au cas où un Prince Charmant soit caché dans l'une d'elle (ça n'a jamais marché, mais j'adorais leur tronche quand je me penchais sur elles pour leur administrer le bisou magique. Et baveux) (ça endurcit le système immunitaire) (et puis de toute façon le Prince Charmant je l'ai trouvé, et il n'avait pas la gueule d'une grenouille). Celle qui n'était JAMAIS malade, qui sortait cheveux mouillés en plein hiver sans rien choper d'autre qu'un vague mal de gorge qui passait en 20 minutes, celles qui a fait deux mois de fouilles archéologiques dans une abbatiale glacée par le vent d'hiver, sur le chantier de 7h du matin à 21h, la seule en pleine forme parmi les vingt-trois autres enrhumés. Elle est devenue recroquevillée, terne, maladive.

C'est dingue, moi qui avait une santé de fer depuis que je suis dans ce boulot tout va mal. On m'a diagnostiqué une grave carence martiale pernicieuse (c'est à dire une profonde carence en fer qui entraîne anémie et autres joyeusetés) qui techniquement est une maladie qu'on détecte à la naissance, et pas à 23 ans, et je suis malade TOUT LE TEMPS. J'attrape tout. Même ne restant chez moi depuis 5 semaines, j'arrive à être enrhumée. Mais finalement, alors que je suis clouée chez moi, raide comme un parpaing, le cul plein de bleus because chouettes injections et le crâne bouilli d'anti-douleurs, ma décision est prise. 

Je dois être un PUTAIN de sale pigeon de MERDE unijambiste plumé qui s'envole loin de tout ça.

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J'ai un projet, en auto-entreprise, un peu casse-gueule mais qui me permettrait de faire (enfin) ce que j'aime, MOI, pas ce que les autres pensent que je devrais faire. Je rêve d'être cartomancienne. Je l'ai déjà fait, en fêtes médiévales, l'été, pendant les vacances, et je me suis trouvée là-dedans, vraiment. Mais on m'a dit que ce n'était pas un "vrai métier" (ah bon, parce qu'il y a des faux métiers ? En matières synthétiques vous voulez dire ? En PVC et hydrocarbures qui tuent des singes en Amazonie ?).  Evidemment, quand je suis devenue prof et que je suis allée demander si je pouvais continuer à faire les médiévales (sur mon temps de VACANCES donc) on m'a explosé de rire au nez en me disant que "ah ben non, c'est contraire à l'éthique de l'enseignant, au devoir de réserve, au principe de laïcité, au voeu de chasteté, c'est une croyance, pauvre conne !". 

Et bien la conne, elle commence à avoir la bouilloire qui siffle. Et la conne, elle a grande envie de faire ses bagages et de crier un grand merde à la face du monde. Bon, comme elle n'a pas la chance d'avoir un compte en banque aussi plein de celui de Liliane de Bétencourt, elle y va à petits pas, avec prudence, elle tâte le terrain. Mais elle sait déjà que la rentrée 2014, avec ses supers rythmes scolaires à la mords-moi l'oeil droit, elle n'en sera pas. Et même si à ce moment -là elle sera un peu dans la merde et que son banquier l'aimera un peu moins, elle rigolera bien dans son coin en regardant tous les serpents se débattre vainement dans la nasse de l'éducation.