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Conair an Bhaird - The Bard's Path
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4 juin 2011

Les Bannis et les Proscrits

bannis et proscrits

Je viens tout juste (enfin, ce matin vers les 4h pour être précise, en bonne chouette nocturne que je suis) de terminer la saga que j'avais entreprise chez France Loisirs l'année dernière, celle de James Clemens, Les Bannis et les Proscrits. Je me suis donc dit qu'une petit review ne ferait sans doute pas de mal par ici. (Vous pouvez voir les 5 couvertures ci-dessus. Cette image est issue du web et n'est donc pas ma création personnelle. Si son propriétaire passe par ici et souhaite que j'en indique la source exacte - que je n'ai pas notée et donc perdue, honte à moi - ou que je la retire, qu'il ou elle me fasse signe)

J'avais envie depuis quelques temps (depuis le tome 7 d'Harry Potter que j'ai dévoré en quelques heures, en fait) de me replonger dans une saga, de retrouver une intrigue captivante étalée sur plusieurs tomes, quitte à attendre les parutions des ouvrages suivants dans une fébrilité extatique ... J'ai bien tenté de lire Twilight, mais vraiment j'ai trouvé que ces quatres "livres" tenaient davantage de la blagounette adolescente qu'autre chose, et même si je suis allée au bout de ma lecture (à grands renforts de Nutella et de Buckethead pour me donner du courage et passer outre les inombrables maladresses d'écriture), je ne peux pas décemment compter cette série dans mes Sagas préférées (qui comptent le gentillet Harry Potter qui m'a bien accrochée pendant plusieurs années, les merveilleux ouvrages de Tolkien et de son ami C.S. Lewis au style si différent, le cycle des sorcières Mayfair et des vampires d'Ann Rice - de vraies histoires de vampires, cette fois, pleines de crocs, de sang, de cruauté, de fascination et de dégoût, et d'autres que j'oublie certainement). J'avais envie d'une histoire de fin du monde, d'une poignée de courageux héros perdus d'avance, de geysers d'hémoglobine innocente, de malveillance ricanante et d'espoir larmoyant. Oui, c'est mon côté sadique. J'assume.

Le titre de la saga de James Clemens m'a tout de suite titillée : Les Bannis et les Proscrits. Ciel, que cela sonne doux à mes oreilles d'adoratrice des renégats cheminant hors des sentiers battus ! De plus, la série promettait 5 tomes, ce qui me parait un équilibre suffisamment raisonnable pour ne pas rester sur sa faim tout en ne perdant pas les pédales dans une intrigue interminable. J'ai donc acheté le premier tome un beau matin d'hiver de l'an dernier (en réalité je ne me souviens absolument pas du jour où je l'ai acheté, cette phrase a pour unique vocation d'ajouter un détail inutile à mon blabla insipide) et je m'y suis jetée à corps perdu.

En résumé, la saga nous narre les aventures d'une jeune fille de ferme, Elena, qui se retrouve soudain détentrice d'un pouvoir ancestral que tous croyaient perdus depuis un sort lancé lors d'une funeste nuit 500 ans plus tôt. L'ennui, c'est que le réveil de ce pouvoir affole quelque peu le grand-vilain-méchant-plein-de-pattes-partout, alias Seigneur Noir (oui, forcément, un gros vilain en combi mauve, ça aurait moins d'impact) qui décide d'envoyer ses sbires depuis son charmant pays de Noircastel (là encore, le Château Disney, sa façade rose et ses toits bleus aurait fait un décor moins convainquant) pour traquer la donzelle et lui ravir sa magie. Dans sa fuite éperdue, la pauvre Elena sera rejointe par un véritable arsenal de personnages tous plus renégats les uns que les autres : Joach, son frère, Er'ril, l'un des mages ayant lancé le fameux sort 500 ans plus tôt, qui n'a pas pris une ride grâce à cette fameuse magie (que L'Oréal voudrait très certainement commercialiser, peut-être que le Seigneur Noir a des actions chez eux), Méric, descendant du roi des el'phes qui cherche ardemment un nouveau souverain pour son peuple, Nee'lahn, dernière représentante des nyphai, un genre de dryades vivant en symbiose avec leurs arbres, Kral, un montagnard bien bourrin comme je les aime, Fardale et Mogweed, des jumeux si'lura (des métamorphes) qu'une malédiction étrange a coincé dans leur forme actuelle (respectivement loup et homme) et qui se sont vus chassés de leur peuple pour cette raison, Tol'chuk, un og're au pedigree plutôt douteux qui a également été rejeté des siens à cause de ses ancêtres, Sy'wen, une me'rai (habitante des mers vivant en lien étroit avec des dragons aquatiques) et son compagnon Kast (marin farouche issu d'un clan Sanguinaire appelé Dre'rendi), Tyrus le prince reconverti en pirate ... De l'autre côté de la barrière, nous retrouvons donc les deux autres mages que le sort de 500 ans d'âge a complètement corrompus et rendus immortels : Greshym, figé dans une vieillesse croulante qui le rend plus aigri qu'un vinaigre éventé et Shorkan, frère démoniaque d'Er'ril, tous deux donnant un petit coup de main à toutes les horreurs engendrées par le Seigneur Noir himself : ceux que l'on appelle les Malegardes, des personnes douées de magie élémentale que la souillure a changé en monstres (Rockingham qui abrite une quantité hallucinante de bestioles bien dégueu dans son abdomen, Vira'ni la sor'cière qui commande aux araignées - une bonne copine -, Trorwren le n'ain carapaçonné, et tant d'autres personnages symathiques que l'on rêverait de croiser au détour d'une ruelle sombre). Tout ce beau monde, après plusieurs courses-poursuites effrénées à travers Alaséa (le monde fantastique dans lequel le livre nous fait évoluer) finit par s'organiser en une guerre sanglante pour décider du sort de l'univers tout entier.

Déjà, vous avez pu vous apercevoir que les personnages sont excessivement nombreux. Je sais que beaucoup de lecteurs sont souvent découragés par ce genre de foisonnance de noms, mais je suis de celles qui adorent ça. Déjà, je suis moi-même une adepte des romans à personnages multiples (il suffit de lire les miens pour s'en rendre compte, même si vous ne pouvez pas étant donné qu'ils ne sont pas encore terminés ... Croyez moi donc sur parole, merci), et rien ne me satisfait plus que de lire une histoire qui saute sans cesse d'un groupe à l'autre, ménageant un cliffhanger à couper le souffle à chaque changement de point de vue. La saga de Clemens m'a donc amplement comblée sur ce point. J'ai adoré suivre chacun des personnages, découvrir leurs histoires en parallèle, vivre leurs aventures à tour de rôle ... Cela a, à mon sens, rendu l'intrigue profondément dynamique et haletante, et je ne doute pas que c'est avant tout cet état de fait qui m'a poussée à continuer : je voulais savoir avec une curiosité dévorante ce qu'il allait bien pouvoir advenir de tous ces personnages auxquels je m'étais attachée.

L'histoire en elle-même, bien que très basique (une poignée de gens hétéroclites s'unissant pour combattre un Gros Vilain Pas Beau qui veut manger le monde au petit déjeuner) est néanmoins efficace grâce à la profondeur de la mythologie de l'auteur : il a fait l'effort de ne pas tomber dans les clichés habituellement servis sur un plateau d'argent par les auteurs de soi-disant fantasy. Ainsi, nous pouvons retrouver des espèces familières (el'phes et n'ains notamment) assez remaniées pour les rendre originales (les el'phes manient une magie du Vent et de la Foudre, vivent dans des cités aériennes et naviguent dans des bateaux volants liés à leur capitaine, les n'ains sont en grande partie corrompus par le Seignuer Noir qui en a fait des esclaves), cotoyant des créatures inspirées de diverses mythologies qui donnent un bon gros soupçon de nouveauté à ce panorama : hommes-sirènes (les mer'ai) vivant dans créatures sous-marines géantes (les Leviathans), marins féroces mais honorables (Sanguinaires et Dre'rendi), pirates, nyphai (inspirés des dryades), si'lura (métamorphes, trop souvent absents des mondes fantastiques), et créatures de l'ombre toutes plus abominables les unes que les autres (skal'tum volant plein de griffes et de dents, simaltra gélatineux pouvant prendre possession d'un corps dans lequel il s'infiltre, monstres arachnomorphes et autres joyeusetés). Côté magie, là aussi l'auteur s'est pas mal creusé la cervelle pour ne pas nous servir un plat trop réchauffé : magie élémentale, certes, mais aussi spectrale, onirique (j'ai d'ailleurs beaucoup aimé l'exploitation des sculpteurs de rêves, ces mages qui donnent vie aux illusions jaillies de leur esprit), sanglante (lier une arme à soi avec son propre sang pour y déverser son énergier vitale, par exemple), céleste, du Vide... De même, le lien mystérieux entre deux minéraux, la Sanguine (cristal rouge d'énergie pure) et l'Eb'ène (pierre noire absorbant la lumière, émanation du mal à l'état brut) est au coeur de l'intrigue et construit un background légendaire plutôt crédible.

Autre point original, chaque tome commence par une préface rédigée par un personnage dont on ignore l'identité, qui résonne comme un avertissement : il va nous raconter l'histoire de la sor'cière, oui, mais ... Mais une petite mise en garde lui semble nécessaire, tant cette lecture est, selon lui, dangereuse. Ce petit passage en tête de chaque tome est franchement intéressant, car on s'aperçoit à la fin de la saga qu'il distillait des indices sur le dénouement de l'histoire, et que son identité est assez surprenante. Mais je n'en dirai pas plus.

Je sais que vous l'avez sans doute déjà remarqué depuis pas mal de temps sans oser le dire (enfin, cela dit, si vous l'avez dit, je n'en sais rien, après tout). Les apostrophes. Non, je n'ai pas eu l'envie soudaine d'en mettre partout comme ça, pour le fun. Oui, je n'ai fait que réécrire les termes tels qu'ils sont dans les livres. Non, moi non plus je ne comprends pas exactement l'utilité de la chose, si ce n'est pour donner un peu d'originalité orthographique. Cela dit, en grande fan de Stargate habituée aux Goa'uld, à Teal'c, Ba'al et compagnie, je n'ai pas été choquée le moins du monde. Après tout, ce n'est qu'un détail.

Bref, tout ce (long) blabla pour vous dire que oui, j'ai aimé cette saga, oui, elle fera partie de celles que je relirai avec plaisir, et oui, je la recommande. Quelques précautions d'usage d'abord. Déjà, cette saga semble s'adresser à la jeunesse, mais le style de l'auteur est parfois assez cru, et certaines scènes sont plutôt violentes. Attention donc avec les plus jeunes, une overdose de pourriture, d'éventration et de tortures en tout genre peut parfois titiller un brin. Ensuite, au vu du nombre conséquent de personnages, mieux vaut lire les 5 tomes de manière assez rapprochées. Chanceux que vous êtes, ils sont d'ors et déjà tous disponibles.

Il ne vous reste plus qu'à commencer votre lecture.

Ou pas.

Je conseille, je ne force personne. Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit ...

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Commentaires
L
Oui, Tolkien peut être un peu manichéen. Mais bon, c'est quelqu'un qui a été bercé par les légendes nordiques et scandinaves, et qui a voulu donner une mythologie à son pays. Pour ce qui est de la localisation géographique du Mal, un rappel mémo : dans le Simarillion, la Terre de Morgoth est située au Nord-Ouest ... <br /> Et puis les Balrogs sont rouges, les gobelins blanchâtres, les Trolls gris ... Je crois que la couleur noire suggère plutôt le fait que ces créatures sont nocturnes et couvertes par la suie du volcan. Et puis des orques roses à pois turquoise, ça aurait été moins effrayant, tout de suite ^^
S
Oui, c'est vrai. Hontàmoi, j'avais oublié mon personnage préféré, mon presque-homonyme d'ailleurs en tant que païenne, Eowyn. Garg. Au bûcher ! Et j'avais aussi oublié Faramir, soit.<br /> Mais je voulais dire, ce qui me dérange chez Tolkien c'est son racisme latent (les méchants, ils habitent au Sud et à l'Est, hein, et ils sont tout noirs). Tandis que Paolini c'est l'inverse. Je suis fan de la fin du 2e tome, quand les Urgals se rallient à Nasuada. Waw. Ca, c'est du cran.
L
Lystra : ah quelle cruche, je ne m'en souvenais pas du tout ! La honte ... Je ne connais pas Guerrière et Sorcière, mais le titre me plait bien, je le mets sur ma liste ! Merci ^^<br /> <br /> Sìne : Non mais Twilight, en français, en anglais, en swahili, c'est toujours la même chose, qui aurait pu être résumé en quelques lignes :<br /> Bella : Oh, Edward, tu es trop beau et mystérieux, je te connais depuis trois jours, mais avec toute la maturité de mes 17 ans, je le sais, tu es l'homme de ma vie !<br /> Edward : ...<br /> Bella : Oh, mords-moi s'il te plait !<br /> Edward : Non.<br /> Bella : Pitié, mords-moi !<br /> Edward : Non.<br /> Bella : Je t'en supplie, mords-moi !<br /> Edward : D'accord.<br /> THE END<br /> <br /> J'ai beaucoup aimé Eragon aussi, pour les mêmes raisons que toi. D'autant que Paolini était tout de même très jeune lorsqu'il a commencé, ce qui peut expliquer ses quelques maladresses, l'aspect un peu "pompé" de son univers, mais dans lequel on reconnait quand même sa griffe. Autant j'ai été atrocement déçue par le film (un vrai navet, qui a justement supprimé tout ce qui faisait l'originalité du roman pour ne représenter qu'une pâle copie du SdA), autant j'attends toujours chaque tome avec impatience.<br /> <br /> Côté humanité, chez Tolkien, je ne suis pas tout à fait d'accord, il n'y a pas que Gandalf ... Pense notamment à Sam (sa dévotion, sa candeur, son horreur pour Gollum à l'origine de sa trahison), Eowyn (sa solitude extrême, sa fidélité à son oncle, l'héroïsme dont elle fait preuve en défiant le Roi Sorcier, contredisant la "prophétie" affirmant qu'aucun homme ne pourrait le tuer ...), Faramir (le fils rejeté et pourtant au coeur plus sage, qui, à deux doigts de céder à la tentation finit par y résister, cible de la folie de son père qui finit par tenter de l'immoler vivant) et, naturellement, Gollum : est-il vraiment maléfique ? Ou n'est-il qu'un être dépravé par les défauts humains (jalousie, convoitise, cupidité) ? Je le trouve particulièrement ambivalent, à la fois attristant et repoussant, et cet état profondément nuancé donne toute sa couleur au roman.
S
Waaaa ce que tu résumes bien Twilight !! :D (j'ai lu le premier aussi sur les insistances d'une amie, en sautant la moitié des pages, essayé le 2e en anglais pour voir si ça ne serait pas mieux, mais non, finalement, et je me suis endormie devant le film, ce qui m'a valu les foudres de cette amie sus-nommée... ^^)<br /> <br /> Pour le moment, moi, je me replonge dans Eragon. Oui, je sais, parodie Star Wars avec noms du Seigneur des Anneaux, mais pas que.<br /> En relisant, j'ai trouvé beaucoup, beaucoup de choses dedans. Et particulièrement ce qui manque cruellement à Tolkien (sauf chez Gandalf) : l'humanité. Dans le bon sens du terme. Le "droit chemin", pas le bien et le mal puisque ça ne fait pas partie de ma conception du mal, mais le respect des autres, de leurs vies, de leurs croyances. Paolini a beaucoup de respect, et son héros aussi. J'aime.<br /> Sinon, pour le reste, on est d'accord, ça reste assez kitsch. Mais y'a un joli humour par moments, des maladresses qui font sourire, et pas la mauvaise humeur chronique d'Harry Potter (que j'adore, en passant ;) )
L
Aaaaaaah une de mes sagas favorites ! Je ne sais pas si tu t'en souviens, j'en avais parlé sur le premier fofo de feu le cercle, je suis tombée amoureuse de ces livres. Certes, c'est souvent convenu et avec un gros vilain pas beau habituel, mais il y a quand même "un truc". J'ai adoré ! <br /> <br /> Dans le genre, je suis en train de lire le diptyque de Marie Brennan, "Guerrière" & "Sorcière". C'est un tit peu long au début, mais j'accroche beaucoup aussi, c'est très sympa ! J'aime particulièrement certains aspects des sorcières =)
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