Canalblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Conair an Bhaird - The Bard's Path
Publicité
Conair an Bhaird - The Bard's Path
Publicité
Newsletter
Publicité
Derniers commentaires
Publicité
19 juin 2011

Anyone can play guitar

Photo0052

La photo n'a aucun rapport avec le contenu de cet article, et la guitare n'est même pas à moi (c'est l'une de celles de Guillaume Cantillon, qui a eu la bonté infinie de me laisser jouer avec, une petite merveille, Fender Telecaster american standard de 1966, le petit Jésus en culotte de velours). Mais bon, je voulais illustrer ce blabla insipide et je n'ai pas pris de photo hier soir.
Et oui, vous avez bien reconnu, j'allais jouer l'intro de Chasing Cars. Vous vous en foutez ? Ah ...

Et bien voilà, c'est fait. Hier soir, j'ai participé à mon tout premier concert. Je suis z'émue. Pour celles et ceux que cela intéresserait (oui, je suis naïvement optimiste, pardonnez-moi), voici un petit compte-rendu de cette palpitante aventure.

Tout avait plutôt mal commencé, pourtant. Déjà, je n'avais pas de guitare, puisque je ne pouvais pas jouer sur scène avec Josiane (qui, la pauvre, n'a pas de micro), ni avec Izzie (qui, elle, en a beaucoup trop) et que celle que j'ai commandé depuis un mois a subi la malédiction d'UPS et n'était toujours pas arrivée. Mais Dieux merci, mon prof m'a rassurée en me disant qu'il laissait les guitares de répétition sur la scène pour les (nombreux) élèves qui n'avaient pas d'instruments ou ne souhaitaient pas jouer sur les leurs. Ensuite, je devais me rendre à pied à la salle de spectacle (environ 40 minutes de marche) mais il y avait littéralement une tempête de vent (j'ai vu la chaise de jardin de mon voisin traverser le parc public sans toucher le sol une seule fois), ce qui n'est pas génial quand on porte une robe et qu'on a la malchance d'avoir des cheveux sur la tête. Heureusement, j'ai pu me dégoter un chauffeur de dernière minute. Ouf.

Habillée-coiffée-maquillée (oui, parfaitement, je me suis COIFFEE pour l'occasion, c'est vous dire l'aspect collector du truc ... Ca se voit que ma vie sociale est une vallée de larmes ?), pass en main (trop fière d'arborer mon bout de papier plastifié estampillé "musicien" sous le nez des videurs de la salle de spectacle), je suis descendue dans les coulisses avec mon groupe et le reste des élèves pour le briefing-d'avant-grattage. Et bien vous savez quoi ? Les coulisses, c'est vraiment un autre monde. On a beau être un gros jambon à la guitare, avoir trois pauvre mois de pratique pour toute expérience et être sapée dans une robe H&M à 19 euros (suivez mon regard), on se sent important. Pro. Très star.Le public que l'on entendait rentrer pas à pas avait des airs de foule en délire.

En attendant notre passage (en 8ème position, juste avant l'entracte), nous sommes allés, les membres de mon groupe et moi, nous glisser dans les quelques sièges restés libres dans le public (dans le noir pour ne pas nous faire voir) histoire de pouvoir profiter de la prestation des groupes qui nous précédaient. J'ai perdu mon médiator sous un siège à force d'applaudir (une bonne demi-douzaine de minutes d'angoisse à le chercher partout à la lumière du portable de P., l'un des membres de mon groupe, et le coup de main profitable d'un photographe du journal local, avant de le retrouver enfin, sachant qu'il s'agissait de mon unique médiator, et que les ongles de ma main droite sont tellement ras que je n'aurais jamais pu gratter quoi que ce soit avec, et surtout pas des cordes), mais vraiment c'était un plaisir à voir. Certains des élèves de l'école sont vraiment très très bons, et nous nous sommes pris une bonne claque par la tête en les regardant et en réalisant qu'il allait falloir passer après. Imaginez : les virtuoses en question n'ont parfois même pas la moitié de notre âge, et étaient bien meilleurs que nous ne le serons jamais. Nous sommes retournés dans les coulisses deux morceaux avant le nôtre, pour nous mettre en place. Un bref coup d'oeil au plan de scène transporté par un M. (l'un des professeurs) aux bras chargés de tellement de papiers qu'il devait transporter à lui seul un hectare entier de forêt amazonienne, nous nous dirigeons vers l'entrée de la scène. Je me suis soudain sentie très nulle, très gourde, très godiche, très ignorante. Mais qu'est-ce que je fais là ? Mais qu'est-ce qui vous a pris de me proposer de participer à ce concert ? Et puis d'abord c'est quoi un médiator ? Un accordeur ? Une pédale ? A quoi ça sert ? Comment ça se tient ? Et une guitare, c'est quoi, déjà ?? La panique, quoi.

Trente seconde avant d'entrer en scène, j'avais l'impression que mon coeur allait me sortir par la trachée. Quand je suis entrée, j'ai eu l'impression de le laisser derrière moi, accroché quelque part dans les coulisses. J'ai balancé le côté droit de mon carré en plein sur mon visage pour ne pas voir le public, et je me suis assise comme un sac sur un tabouret, en chopant la première guitare qui m'est tombée sous la main. Pas de bol, ce n'était pas une de celles sur lesquelles je jouais d'habitude. Tant pis, il est trop tard pour en choisir une autre, j'aurais l'air trop cruche, je risque de bousculer le timing, de me faire remarquer, oh par les Dieux, mais pourquoi j'ai mis une robe rouge, moi ? Je place mes doigts tremblotants sur le manche, mon médiator glisse entre mes doigts moites, le fourbe. Je ne savais même pas que je pouvais transpirer des phalanges.

Et puis soudain, il y a eu un petit pshiii pshiiii pshiii pshiii du côté du batteur. Ma main droite (qui a du faire de la batterie dans une autre vie), s'est alors mise à bouger toute seule, en même temps que les pulsations de la cymbale. Et puis ma main gauche s'est mise à fretter les cordes, E, A, tiens, un petit C#, oh, et un B en passant. J'ai joué sans m'en rendre compte. Tout ce que j'entendais, c'était la batterie. Quand le morceau a pris fin, je me suis tournée vers le public, en sentant un sourire complètement niais fleurir sur mes lèvres. J'aurais dû me jeter sur le batteur pour le remercier à genoux d'avoir forcé mes mains à pincer les cordes contre la volonté de mon estomac, mais je me suis contentée de me faufiler de nouveau dans l'obscurité rassurante des coulisses pour retrouver mon groupe (et mon myocarde, par la même occasion). Joie, fierté, soulagement, euphorie, un brin de regret aussi. Oui, maintenant que j'ai vu ce que c'était, je serais bien retournée sur la scène jouer un autre morceau.

L'entracte, enfin. Un petit break au milieu de cette frénésie. Je vais voir les musiciens qui nous ont accompagnés (que je connais par les relations de mon père), JL, le chanteur et claviériste, a dû lire dans mes pensées, il me sert un whisky. Assez caustique, mais efficace. Le reste du concert est un spectacle plein de surprises, où les élèves rivalisent de talent. Certains me bluffent carrément, je bats la mesure du pied sans pouvoir m'arrêter. Les morceaux s'enchaînent, le temps file à toute allure. On se congratule une dernière fois, avant de regagner nos pénates.

...

Vivement le prochain.

Publicité
Commentaires
Publicité