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Conair an Bhaird - The Bard's Path
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15 avril 2013

Balcon de Sorcière round ... euh round je sais plus combien. On revient à 1 ?

J'ai la grippe. Bon, pas la grippe la Grippe, celle qui était en vogue il y a quelques années et qui faisait croire aux gens que les pigeons étaient les suppôts des feux de l'enfer prêts à les dévorer par les orteils, non, la grippe la grippe. La vilaine. La méchante. La chiante, celle qui donne de la fièvre, une toux de tuberculeux au stade terminal, une tronche en chou fleur subatomique et la délicate impression d'avoir été écrasée par un bus rempli d'hippopotames. Cinq fois. Depuis mercredi, je crache glorieusement mes poumons, j'entrechoque fièrement ce qu'il me reste de cerveau dans le trou béant de ma boîte crânienne, je marche pliée en douze comme un charmant origami millénaire et j'ai la délicieuse impression d'avoir la trachée et l'oesophage remplis intégralement de tessons de verre. Le bonheur.

Et, pendant ce temps-là (à Vera Cruz) (ami lecteur, si tu reconnais cette réplique, tu auras l'admiration éternelle de ce qu'il me restera de neurones) dehors, le soleil brille et les oiseaux chantent. C'est vraiment dégueulasse. Non mais c'est vrai quoi, tout ce temps où je n'étais pas malade, il pleuvait à torrent, et là que je suis au fond de mon lit à pousser des râles d'agonie dans une bouteille de sirop pour la toux, le soleil brille et les oiseaux chantent. Miiiii !!!

Bon, du coup, dimanche, j'avais moins de fièvre et je tenais debout sans le soutien secourable du mur/porte-manteau/canapé/barbichu, du coup j'ai enfoui les lambeaux de ce qui fut jadis ma gorge dans une écharpe (bourrée de feuilles de laurier, j'aurais au moins essayé le vieux remède de ma grand-mère) (mémé, pardon, mais là, ça marche paaaaas) (mais ça sent bon) (donc ... voilà), et je suis allée m'occuper de mon balcon.

Bon, il faut que je fasse un aveu. Mon balcon, depuis l'été dernier, c'est un peu l'équivalent du Japon en mars 2011. Des pots, avec des bouts de branches mortes qui en dépassent pathétiquement tels des bras de zombies tentant de sortir de leur tombes. Des mauvaises herbes, au milieu de tout ça, qui poussent comme une gangrène en me tirant la langue. De malheureux bourgeons héroïques qui tentent de survivre au milieu de tout ça. Un désastre. Une catastrophe. Déprimant. Et puis moche, en plus.

Mais dimanche, il faisait 26° sur mon balcon. Et mon barbichu, en voyant mon teint de lavabo neurasthénique, m'a dit "allez Pintade, on va manger sur le balcon ! Ça te fera du bien de prendre l'air !". Il avait raison. Mais pour aller manger sur le balcon et bien ... Il fallait nettoyer le balcon. Vous avez déjà nettoyé un balcon après avoir été écrasé(e) par un bus rempli d'hippopotames (cinq fois) ? Hum ? Non ? C'est terrible, je vous jure, faudra tenter la prochaine fois. Et en nettoyant table et et chaises (le tout en toussant si fort que les fondations de l'immeubles ont tremblé) (si si je vous jure), j'ai jeté un oeil apitoyé sur mes pauvres plantes, mes pauvres chéries, mes pauvres amies, que j'avais trop délaissées ces derniers temps. Alors je me suis armée d'un sac poubelle, d'une paire de ciseaux, et, assise par terre tel un vieux sac d'engrais abandonné, je les ai patiemment nettoyées, débarrassées de leurs mauvaises herbes, taillées, déplacées, replacées, je leur ai parlé longuement, je me suis excusée, et j'ai goûté ensuite à la félicité de déjeuner sur un balcon avec une bonne dose de cortisone de belles plantes saines et pleines de bourgeons préservés.

DSC_0457claire

Tadaaaaaaaaa !

Bon, il manque encore quelques (pas mal même) de plantes pour que cela ressemble vraiment à quelque chose, mais j'ai quand même réussi à en sauver pas mal. Nous avons donc ...
Sur le perron, de gauche à droite : Persil Plat (Petroselinum crispum var. neapolitanum s'il vous plaît) (Mister Jack adore, mais il doit se refaire une santé, il a eu chaud, le pauvre) (le persil, pas Mister Jack), Perce-Neige (Galanthus nivalis), Primevère des Jardins (Primula acaulis) et Digitale Pourpre (Digitalis purpurea, qui n'est pas encore sortie, c'est normal, elle attend la chaleur !)
Le long de la rambarde de gauche à droite : Sauges en jardinière (Salvia officinalis et Salvia officinalis tricolor), dans le pot violet un pied d'Achillée Mille-Feuilles (Achillea millefolium), dans le porte-plantes en fer forgé rouge, un pot de Pensées (Viola Wittrockiana)  et un de Romarin (Rosmarinus officinalis), à ses pieds dans le petit pot vert pâle, des Pâquerettes (Bellis perennis) et des Violettes Sauvages (Viola riviniana), dans le pot noir à côté, un Hibiscus (Hibiscus syriacus).
Un peu à droite, il y a aussi Thym, Camomille, Verveine, Lys des Jardins et Absinthe qui sont encore en stase (je ne sais pas si tous auront survécu à ce trèèèèès long hiver, malgré mon paillage), je ne les compte donc pas pour l'instant.

DSC_0460claire

Un petit plan rapproché sur les Pensées (une de mes fleurs favorites, avec la Digitale, la Jacinthe et l'Iris Bleu !) et le Romarin (qui sent divinement bon. Mais alors divinement. Il m'en a débouché les sinus).

Quand j'aurais cessé de broyer tous mes organes vitaux dans une soupe bactérienne nucléaire, j'irai faire un petit tour du côté de la jardinerie de ma ville pour dénicher les belles qui me manquent et acheter du terreau. J'aimerais bien, dans l'idéal ... :

- Des Mufliers. Hiiiiiiiiiii des mufliers ! Encore une de mes fleurs préférées (je l'avais oublié) (bon, j'en ai beaucoup aussi ...)
- De la Mélisse. Pour la tisane que j'aime tant.
- Un petit Rosier (que je vais tenter de piquer chez Dear Mother)
- Du Millepertuis. Hiiiiiiiiii du millepertuis ! Pour Litha et mon moral à deux balles.
- De l'Aconit. Parce que celle que j'avais chez ma mère me manque terriblement.
- Un Datura (mais pour ça, j'irai le chercher dans un terrain vague)
- De la Bryone (parce que la Mandragore, ça ne pousse pas bien par chez moi)
- De la Lavande. Pour son odeur et mes nerfs en pelote.

Il me faudra peut-être un autre balcon, accessoirement ... En attendant, je vous laisse avec une quinte de toux purulente et une jolie Pensée ...

DSC_0463

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Commentaires
É
Heuuu, oui, mais si j'avais parlé de "la chauffeuse" au lieu du "chauffeur" du car hippopotamesque, on se serait demandé de quoi je parlais... ;-)<br /> <br /> Retourne vite au lit ! C'est le meilleur endroit pour se soigner (et se faire soigner)...
L
Presque, c'est bien dans la Cité de la Peur, mais c'est une mexicaine qui achète du beurre dans une épicerie (la scène absurde et inutile par excellence ^^)<br /> <br /> Bravo ! Mes trois neurones survivants applaudissent !
É
Pendant ce temps-là, à Vera Cruz, un car rempli de gentils hippopotames s'arrête devant un magasin pour que le chauffeur puisse aller acheter du beurre (si je me rappelle bien cette scène de la cité de la peur).
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