Conair an Bhaird - The Bard's Path

30 avril 2012

Balcon de Sorcière, round 1

Cette semaine, et ce jusqu'au 16 mai, je suis en formation à 80 km de chez moi (ça fait de la route, chaque jour, partir à 6h30 du matin pique un peu les yeux, on baille jusqu'à regagner nos pénates à 18h, mais au moins le soir et le week end, je n'ai ni préparations de cours, ni corrections de cahiers. Donc bon, c'est un mal pour un bien, quelque part).

Du coup, la préparation de Beltane a été un peu compromise (un comble ! moi qui déborde toujours de grands projets échevelés et irréalisables, cette année je n'ai quasiment rien de prévu) (cela dit, cette fois, au moins, je ne me retrouverai pas avec une foule d'idées non réalisées) et je commence seulement à y penser depuis hier ... Je n'ai pas franchement de grande aspiration, peut-être parce que je sors à peine d'une mauvaise passe (appelons ça carrément une traversée du désert pieds nus et sans eau potable) (avec des vautours qui tournent en rond en claquant du bec au-dessus de mon occiput) et que je me remets doucement à ma pratique. Et puis il faut avouer que le temps de chien galeux que l'on se traîne depuis quelques semaines me colle un bourdon monstrueux (ça vous donne envie de partir en cueillette et de fêter le printemps, vous, quand il pleut des cordes, qu'il souffle un vent à décorner le Dahu et qu'il fait 7° maxi ? Non ? Et bien moi non plus ...).

Alors je m'étais dit que j'allais seulement décorer mon autel, tenter d'aller récolter un peu d'aubépine et de sceau-de-salomon dans mon Coin Chéri, et m'occuper un peu de mon Gros Bouquin, mais finalement, aujourd'hui j'ai été prise d'une inspiration soudaine, et, en rentrant de Plouc Land (oui, les formations ont toujours lieu à Plouc Land, youpi youpi c'est beau la vie) j'ai fait un petit crochet par Jardiland et je me suis dit que j'allais profiter de la journée du 1er mai pour ... commencer mon Jardin de Sorcière dans mon nouveau chez moi.
Jardin de Sorcière qui sera en réalité un Balcon de Sorcière puisque je n'ai pas de jardin à proprement parler, mais un grand balcon qui ne demande qu'à déborder de plantes et de fleurs en tout genre (pour l'instant je n'ai qu'un plant d'absinthe et un de muguet) ...

DSC08837

Parce que franchement, qu'est-ce qu'il est vide, mon balcon ...
(et oui, la vague silhouette à contre-jour au premier plan avec le drapeau irlandais, c'est moi)

Je n'ai pas eu le courage d'aller rempoter tous mes achats ce soir (il pleuvait à plein temps quand je suis rentrée, mon balcon est battu par le vent, j'ai la goutte au nez et 160 km dans les pattes) mais mes nouvelles acquisitions seront installées demain. Je n'ai pas trouvé tout ce que je cherchais (ce serait trop beau) (et tellement moins drôle), mais je suis quand même bien contente de cette petite virée par le pays des plantes trop arrosées.

Les photos viendront demain, cela dit dans mon immense bonté, je veux bien vous faire une petite liste de mes nouveaux bébés (non, ne me remerciez pas) (comment ça, vous vous en foutez de ma liste ?) (et bien tant pis pour vous, vous l'aurez quand même, c'est MOI qui décide) (m'enfin !).

J'ai donc pris ...

.:. Un pied de camomille (une des plantes que j'utilise le plus, surtout dans les sachets)
.:. Deux sauges, une officinale (la panacée) et une panachée (si belle et si parfumée)
.:. Un pied de persil frisé (c'est mon Mister Jack qui va être content)
.:. Un pied de romarin (là encore une de mes plantes chouchoutes)
.:. Une campanule à grandes fleurs (pour attirer les fées)
.:. Des graines de muflier (parce que la gueule de loup est une de mes fleurs préférées et qu'il a des propriétés intéressantes)
.:. Un grand pot de lys blancs (ai-je besoin de développer le pourquoi du comment ?)

Je voulais aussi du thym (pour compléter le buisson de Scarborough Fair, parsley, sage, rosemary and thyme), de la verveine officinale, de l'aconit napel et du millepertuis (du vrai, hypericum perforatum, pas celui que l'on trouve en jardinerie), mais pas moyen d'en trouver pour l'instant.

Et je vais récupérer deux-trois plantounettes chez ma mère également (euphorbe sylvestre, achillée millefeuille, digitale pourpre, chèvrefeuille ...), dès que j'aurais le temps d'y faire un saut.

J'ai hâte d'être demain pour plonger à nouveau les doigts dans la terre ...

Bon, je n'ai pas de photos de mes plantes, mais en lot de consolation, je veux bien vous donner une magnifique photo des innocents moutons en chocolat que j'ai sauvagement assassinés pour Ostara :

DSC08808

Posté par Lyra Ceoltoir à 21:53 - - Commentaires [8] - Rétroliens [0]


19 avril 2012

Et du changement dans l'immuable !

Et voilà, envie de faire un peu de ménage, d'ôter la poussière sur les meubles de mon antre, d'aérer un peu cet endroit d'où je me suis absentée ces derniers temps ...

Une envie d'ambiance sorcelleuse, qui rassemble ce que je suis au plus profond : sorcellerie de chaudron, magie animale, pouvoir subtil des plantes et des herbes, odeur de cabinet de curiosité si chère à mon coeur ... Et puis du vert, du vert, du vert, encore et toujours.

Message éclair aujourd'hui, je repasserai peut-être plus tard dans la soirée si l'insomnie me reprend ... mais, là, dans l'immédiat, mon Grimoire et mes plumes de calligraphie m'appellent de leurs petites voix couinantes de pauvres choses délaissées.

Posté par Lyra Ceoltoir à 21:13 - - Commentaires [7] - Rétroliens [0]
12 avril 2012

De l'immuabilité dans le changement

Presque 5 mois.
Presque 5 mois que je ne suis pas passée par ici.
Diantre !

Il faut dire aussi que j'ai des circonstances atténuantes. Jugez plutôt. Journée type :
05h50, je m'extirpe du lit à coups de pied-de-biche, en hurlant ma rage et ma douleur de devoir me séparer de mon oreiller que j'aime tant.
07h00, je suis dans la voiture, après avoir chargé mes trois cent douze kilos de livres-cahiers-classeurs dans le coffre (humf !).
07h30, j'arrive sur mon lieu de travail, je prépare les activités du matin, je fais des photocopies (je n'en ai jamais autant fait de ma vie) (pardonne-moi, FORET)
16h30, officiellement, j'ai fini ma journée, mais, mais, MAIS en réalité il me reste un monceau de travail à faire (corrections, rangements, photocopies encore ...)
18h30, voire 19h, je pars enfin du boulot.
19h - 19h30, j'arrive chez moi exténuée, je m'écroule dans le canapé avec un bol de soupe et une tablette de Milka, je zone un peu devant une série, ou je termine le boulot de la journée si je n'ai pas fini.
22h, je vais me coucher en trainant les pieds.

Forcément, tout cela ne laisse guère de place à la tambouille sorcelleuse, quelle qu'elle soit ... Et forcément, mon quotidien de sorcière en a grandement pâti. Je n'ai pas fêté dignement un sabbat depuis Litha (j'ai fait quelques trucs pour Samhain et Yule, notamment de grandes décos de mon appart et de mon autel, mais tout a fini par tourner tellement mal que je ne les compte pas). La fin 2011 et le début 2012 ont été très difficiles, tant physiquement (maladies à répétition, c'est comme ça que le métier rentre, parait-il) que psychologiquement (grosse déprime, trahison d'"amie" qui m'a fait beaucoup de mal, peines de coeur ... Bref, le bonheur). Du coup, cafard, envie de rien, motivation au fond du fond du puits sans fond, et autant de spiritualité qu'un ticket de métro.

J'en suis même venue à ne plus regarder mon (poussiéreux) autel quand je passe devant, tellement je culpabilise de l'abandonner ainsi à son triste sort de meuble presque oublié.

Tout cela a duré jusqu'à mardi.

Mardi, ma mère a frappé à ma porte (bon, en fait elle a sonné à l'interphone, je faisais la vaisselle, j'ai tellement sursauté que j'en ai fait voler une petite cuillère sans magie, même si je savais qu'elle venait car elle m'avait prévenue) (ma mère, pas la cuillère) (on n'est pas des rustres, chez moi, noms de dieux), et au bout de quelques banalités, elle m'a demandé d'une petite voix, presque un peu embêtée, si je pouvais "jeter un petit quelque chose" pour elle.

Non, ami lecteur, je ne te dirai pas ce qu'elle m'a demandé, car ça ne te regarde pas et que je n'ai pas l'habitude de parler des "petits quelque chose que je jette" (et puis ça me permet de garder une aura de mystère qui m'enveloppe de ses brumes telle un boa à plumes dans un film noir) (oui, bon), je te dirai juste que je n'ai pas réfléchi, j'ai fait ce que je faisais tout naturellement quand j'étais encore jeune et belle une sorcière à plein temps : je suis allée réveiller mon Gros Bouquin (qui se croyait en RTT, depuis le temps, le naïf) à la recherche d'une tambouille adaptée.

Je n'ai pas pensé une seconde que cela faisait 10 mois que j'avais rangé mon balai au placard, que je devais être rouillée comme un clou de crucifixion (oui, moi aussi je trouve la comparaison atroce, mais j'assume) et que sans aucun doute les dieux, mes totems et mes ancêtres pleins de verrues allaient me tourner le dos en me balançant un grand "non, dudette, tu nous as laissé tomber comme de vieux bas qui n'adhèrent plus, alors tu peux la ramener tant que tu veux, nous sommes aux abonnés absents (faut pas déconner, non)". Non, j'y suis allée au flair, comme toujours, comme si ma dernière potion bloubloutante était millésimée de la veille au soir.

Et vous savez quoi ? Mon balai était plutôt frétillant en sortant du placard (en vrai il y est resté, je n'avais pas besoin de lui, mais c'est pour la métaphore, vois-tu ?), je n'étais pas si rouillée que ça et personne ne m'a tourné le dos en prenant un air déçu par mon vil comportement bassement matérialiste de ces derniers mois.
J'ai su d'instinct ce que je devais faire, je l'ai expliqué à ma pauvre mère sans m'emmêler les pinceaux, j'ai choisi mes ingrédients en 15 secondes chrono, j'ai mis tout mon petit matériel de chevaucheuse de balais dans le petit sac que j'avais acheté exprès pour les rituels en extérieur (en Bretagne, une jolie petite pochette bleue avec un pentacle et des grelots, bien pratique), et je suis partie, fière comme un pou, faire ce que j'avais à faire.

J'en suis ressortie avec les doigts salés, et une pugnace odeur de sauge flambée imprégnée dans mes cheveux et mes vêtements. Et j'ai adoré ça.

Alors oui, ma vie a changé. Un grand nombre de choses se sont imposées alors que j'avais juré sur mes grands dieux que jamais, jamais, jamais, tu m'entends, JAMAIS je ne tomberai dedans (prendre la voiture pour faire 20 m, mettre les pieds sur un réseau social, dépenser pour des produits cosmétiques, porter des shorts, utiliser le four à micro-ondes du boulot, rappeler ce mec qui ... euh ...). La vérité, c'est que, premièrement, il n'y a que les idiots qui ne changent pas d'avis, et qu'ensuite la vie se charge de te faire revenir de tes jolis principes de bobo quand elle te catapulte dans le démoniaque monde du travail (en te filant des courbatures en fin de journée et des pauses riquiqui, en faisant partir tes potes atrocement loin de toi, en te métamorphosant en panda couvert d'eczema en fin de journée parce que ton maquillage Yves Caillou fait des réactions bizarres avec la craie à tableau, en te propulsant dans un monde où la jupe est un suicide, en t'obligeant à manger en plein hiver dans une salle sans chauffage où tu ne rêves que de plats brûlants pour atténuer le claquement de tes dents, et en te faisant réaliser que finalement, ce mec ... euh ...)

Bref, c'est un message un peu Princesse Poney aujourd'hui, mais j'ai au moins compris quelque chose d'important (grâce à ma maman, c'est meugnon) (attention les yeux, c'est la minute philosophique du jour, bonjour) :

Peu importe ce que tu portes, le métier que tu fais, dans quelle voiture tu roules, quelle émission de télé tu regardes, peu importe que tu passes des mois à zoner comme un bulot neurasthénique, que la procrastination soit devenu ton petit nom, si ta foi est sincère au fond de ton coeur, si tu sens encore la beauté de la Vie et du Monde dans le lever de soleil que tu aperçois du coin de l'oeil dans ton rétro ...

Sorcière je suis, sorcière je reste.

Posté par Lyra Ceoltoir à 19:19 - - Commentaires [11] - Rétroliens [0]
16 novembre 2011

Chemins de Lumière - Nouveaux commencements

Il y a quelques temps, Valiel remettait au goût du jour sur son blog dédié à Belenos le travail axé sur le dessin comme cheminement créatif et spirituel. Le principe ? Un thème par semaine, sur 4 semaines, et libre à chacun de laisser parler ses muses pour réaliser une production personnelle assortie d'une explication. Comme j'aime bien gribouiller, j'ai décidé de me lancer dans l'aventure pour le second cycle !

Il a commencé le 29 octobre, mais un contretemps matériel (une collègue a mis un temps considérable à me rendre mon appareil photo) (j'ai cru que j'allais la tuer) (je ne lui prêterai plus jamais rien) a fait que je ne peux poster qu'en retard, aujourd'hui.

Le thème de la première semaine était "Nouveau Commencement" (d'où le titre de cet article, faut suivre, hein). J'avoue que je me suis lancée sur ce dessin sans réelle idée de départ, sans savoir ce que j'allais bien pouvoir faire, non d'une méduse à charentaises. Il en sorti ... ça :

DSC_0120

Oui, moi aussi je suis très surprise. Comment suis-je dons arrivée de "Nouveau Commencement" à une jeune grinchue appuyée contre un palmier, très illustration pour roman jeunesse délavé, un brin simpliste, et si futile à première vue ? Et puis je me suis aperçue que cette jeune femme, qui tourne le dos à la mer qui semble juste lui tendre les bras, c'est un peu moi. Moi, ma vie d'avant, ma vie d'aujourd'hui. J'ai beau ne plus être brune mais rousse, ne pas porter aussi bien le jean moulant, cette boudeuse, c'est moi.

La mer derrière elle, cette mer si belle et tentatrice, promettant de longues heures de délice et de farniente dans ses eaux tièdes et turquoises (oui, bon, ça ne se voit pas franchement sur le dessin, je vous l'accorde, mais c'est l'idée), c'est ma vie d'avant. Ma vie d'étudiante, ma vie rêvée, ma vie de jeunette sans souci, ma vie de fauchée qui s'en fout, ma vie de midinette en rayures en haut, tartan en bas, ma vie de souris d'université, ma vie en Histoire de l'Art, ma vie de clermontoise, ma vie de marche à pied, ma vie avec la musique à fond, ma vie que j'aimais tant, sans le savoir alors. Cette vie à laquelle je dois maintenant renoncer, celle à laquelle je dois tourner le dos, parce que je n'ai plus 19 ans, que je ne suis plus à la fac, et que porter rayures en haut et tartan en bas, dans mon métier, ça ne se fait pas.

La jeune femme regarde en fronçant les sourcils vers quelque chose que l'on ne voit pas. Ce quelque chose invisible, c'est ma vie de maintenant. Ma vie qui m'oblige à renoncer à tant de choses que j'aimais, ma vie pleine de responsabilité, ma vie de salariée, ma vie de femme bien sage, ma vie au volant d'une voiture matin et soir, ma vie de déjeûners en tupperware, ma vie en photocopies, ma vie en poussière de craie, ma vie en naufragée sur une île que tous ont déserté pour un ailleurs où je ne suis pas. Ma vie d'adulte.

Le palmier est un lien entre les deux. J'ai beau tourner le dos à la mer, je l'entends toujours derrière moi, je sens son odeur iodée lorsque je prends une longue inspiration, je vois ses reflets dans l'azur du ciel, je perçois le goût du sel qu'elle dépose encore sur mes lèvres, et je sens contre mon dos l'écorce rugueuse du palmier au travers de la veste de mon tailleur. Ce palmier restera toujours dans mon dos, pour me rappeler qui j'étais, qui je suis.

Même en tailleur, en escarpins, cheveux-chignons, air sérieux et sourcils épilés pile, je suis encore, au plus profond de moi, cette jeune fille en mini-jupe écossaise, converses dépareillées, cheveux flamboyants offerts au vent, yeux remplis des étoiles que mes rêves y laissaient chaque matin. Ne serait-ce que dans mes rares moments de "days off", où je délaisse mes dossiers pour des romans, mes craies pour ma guitare, ma veste noire pour une robe en dentelle rouge, où je chante à tue-tête au volant de ma voiture en battant la mesure sur le volant. Il faut juste que je prenne garde à ne jamais l'oublier, pour garder le cap de ce Nouveau Commencement, une fleur hawaïenne invisible glissée dans mon chignon ...

Posté par Lyra Ceoltoir à 18:09 - - Commentaires [2] - Rétroliens [0]
29 octobre 2011

Pumpkins scream in the dead of night

Comme promis, alors que les préparatifs de Samhain battent leur plein (quelle violence, franchement) (on se demande ce qu'a pu faire ce pauvre plein pour être battu comme plâtre) (je sais), voici les photos que vous attendiez tous avec impatience et fébrilité (si si), mon autel de Mabon (tatataaaa), alias Alban Elfed (vous pouvez cliquer pour les voir en plus grand) :

On commence de jour :

3 - Mabon (jour)

Pour finir de nuit :

4 - Mabon (nuit)

Ce mur affreusement nu me choque terriblement, mais je n'ai pas encore eu le temps d'installer mon soleil et ma lune en terre cuite (il me faut réquisitionner une perceuse-visseuse). Bref, j'ai fait dans le champignon, cette année plus que jamais, comme vous pouvez le constater, avec notamment un petit nain de jardin (plutôt un nain de jardinière, vu son format) perché sur un cèpe et une magnifique bougie en forme d'amanite panthère (que j'aime à la folie) (je me demande si ce champignon ne serait pas un de mes totems végétaux d'ailleurs, à creuser). Les glands éparpillés un peu partout sont aussi des bougies, achetées au même endroit. Une petite vue rapprochée du centre :

DSC_0227

La petite pomme de pin vient de Brocéliande, d'un bosquet de conifères à côté du Tombeau de Merlin. La petite branche derrière lui est issue d'un sorbier (pour la protection). Le scarabée, lui, a été acheté sur un marché égyptien par une amie. Je ne suis pas particulièrement attachée aux traditions égyptiennes (même si elles me fascinent depuis toute petite, j'ai parfaitement conscience que ce n'est pas ma culture et que cela ne me correspond pas) mais ce scarabée a une valeur particulière à mes yeux. Déjà parce que c'est un cadeau d'une amie (qui me manque beaucoup soit dit en passant) (ma chouette), et aussi parce qu'il s'agit d'un objet fabriqué à la main par un artisan (adulte, volontaire et rémunéré, c'est collector en Egypte) dans les règles de l'art (la bêbête est signée).
Sinon, dans la coupe-dragon (kitsch, mais j'adore) autour de la bougie brune, des plumes oranges (assorties à mes cheveux) encore des bougies-glands (hum) et des noix, pour l'abondance, les récoltes engrangées en prévision de l'hiver, et la douceur de cette saison (nous avons eu un automne magnifique chez moi, chaud, ensoleillé, chaleureux ... Un bonheur).
Dernière chose en passant, le napperon a été confectionné par ma grand-mère. J'y suis très attachée, il me rappelle toujours à quel point ma chère Mémé avait des doigts en or quand elle pouvait encore s'en servir avec précision et diligence. Et elle avait le don extraordinaire de comprendre immédiatement comment n'importe quel ouvrage avait été tricoté/cousu/tissé/crocheté rien qu'en le regardant. Ma grand-mère a appris à tricoter en défaisant le tricot de sa mère pour le refaire, sans que personne ne lui ait jamais rien appris.

 

Les préparatifs de Samhain avancent lentement mais sûrement. J'ai reçu la magnifique parure (collier/bracelet et boucles d'oreilles) confectionnée par ma chère Yuna (qui a des doigts d'or, elle aussi), et je ne peux plus la quitter depuis, tellement elle porte en elle la magie de ce sabbat que j'aime tant (et puis franchement, ce sera LA touche finale de mon costume d'Hallowe'en). Voyez plutôt :

 DSC_0213

C'est superbe, non ? Je suis fan. Je sens que même après Samhain les citrouilles n'ont pas fini de se balancer autour de mon cou et à mes oreilles de sorcière.

J'ai donc :
.:. Décoré mon appartement (le photos viendront bientôt)
.:. Acheté citrouilles et potimarrons pour la soupe et les lanternes
.:. Convaincu une amie (ma Lucette, merci) de sortir costumée
.:. Rassemblé des films Hallowe'enesques (The Nightmare Before Christmas, Sleepy Hollow, Practical Magic, The Craft, Un Amour de Sorcière, quelques épisodes de Bewitched alias Ma Sorcière Bien Aimée)

Bon, il me reste encore du pain sur la planche. J'y retourne !

Posté par Lyra Ceoltoir à 14:12 - - Commentaires [1] - Rétroliens [0]


25 octobre 2011

This is Halloween

Hier, après un après-midi passé à bûcher sur mes cours et mes programmations, je suis allée rendre une petite visite à ma Dear Mother, qui avait besoin de mon balai de sorcière pour servir de modèle à une envie de déco Hallowe'enesque. Il était 19h passées, la nuit commençait à tomber, je suis sortie de mon immeuble un peu échevelée, enveloppée dans ma veste rouge, mon balai sur l'épaule, Without You I'm Nothing de Placebo dans les oreilles, et j'ai pris le chemin de la maison de Dear Mother (elle habite à 8 minutes à pieds de chez moi). Au hasard d'un croisement de rue, un lampadaire s'est allumé, projetant sur le sol mon reflet déformé en ombre chinoise, dessinant sur le sol une silhouette dégingandée, aux jambes excessivement allongées par la projection de la lumière, façon Jack Skellington, cheveux au vent, balai hérissé sur l'épaule comme un chat en colère. Une vraie ombre de sorcière. Je n'ai pas pu m'empêcher de sourire. J'ai pensé que décidément, mon balai était une vraie feignasse, que ses ancêtres avaient porté des générations de sorcières dans les airs, alors que lui se faisait béatement porter par la sienne, faisant fi de la tradition. Quel flagorneur.
Trois goutte sur mon nez, la pluie approchait. Je suis arrivée avant elle, profitant de ce moment si particulier entre ombre et lumière, jour et nuit, pluie et vent, pour sentir le voile s'entrouvrir à l'approche de Samhain. Ma mère m'a accueilli d'un tonitruant "ah, v'là la sorcière !", avant de me laisser plonger dans un panier de mandarines.
Elle a raison. Je suis une sorcière. Et Samhain est déjà là.

Oui, je sais, ça fait longtemps que je ne suis pas passée par ici. Mais avec la reprise du boulot, mon permis de conduire (que j'ai eu d'ailleurs, yahooo) et mon déménagement à finaliser, ma spiritualité en a pris un sacré coup. Au point de me suicider les sabbats de Lughnasadh et de Mabon (malédiction !).

Bon, pour Mabon, j'ai quand même décoré mon autel et fait une petite méditation à l'extérieur, derrière mon pot de mufliers (mes mumuf adorés). Mais bon, c'est tout de même un peu pauvret pour un sabbat que j'aime tant. Par conséquent, pleine de bonne volonté et de motivation (et de Cadbury à tartiner, mais ça c'est une autre histoire), j'ai décidé de mettre les bouchées doubles pour Samhain (et pour le Cadbury aussi en passant) (je suis faible) et de concocter un programme aux petits oignons (que je ne vais sans doute pas respecter, malédictiooon) en plus de mon habituel bilan annuel.Programme aux petits oignons (et potirons) que voici que voilà :

1) Côté déco :

.:. Comme toujours, mon autel en first things first, aux couleurs de Samhain (tenez, d'ailleurs il faudra que je prenne en photo celui de Mabon, histoire de vous le montrer quand même) (mais là j'ai trop la flemme), avec citrouilles, fantômes, sorcières, chats noirs, choux fleurs et escalators (oui, j'ai la phobie des choux fleurs et des escalators) (je vous dis bip)
.:. Ma maison (enfin mon appart) aussi, avec ma ribambelle de photophores citrouilles, de sorcières grinçantes, de bidules hallowe'enesques, de machins oranges et noirs.
.:. Et, évidemment, de vraies citrouilles découpées par mes extraordinaires talents de sculptrice sur courge, pour honorer le légendaire Jack O'Lantern et guider les âmes des morts (je suis allée les acheter hier, j'en ai pris quatre, et deux potimarron pour la soupe, je suis faible).

2) Côté cuisine :

.:. J'aimerai bien faire un petit gâteau aux pommes, peut-être un crumble ou quelque chose dans ce goût-là.
.:. Et une soupe de carrosse aussi (alias soupe au potiron, je vous renvoie à Cendrillon pour davantage d'informations) (j'adooore la soupe de carrosse) (surtout avec des dés de fromage) (bibidibobidi ... boo)
.:. J'ai bien envie de tenter le cidre épicé, aussi.

3) Côté tambouille sorcelleuse :

.:. Un petit quelque chose pour rendre hommage aux défunts et les guider dans cette nuit si particulière.
.:. Of course, pratiquer la divination (notamment avec mon dernier tarot que j'aime toujours à la folie) (et je sortirais bien ma boule de cristal aussi) (oh, et les feuilles de thé, pendant qu'on y est) (et puis en cette saison, le thé, c'est si bon ...).
.:. Comme j'ai enfin terminé le déballage de tout mon bazar, il serait temps de purifier et de protéger mon appartement au moyen d'un petit rituel maison.
.:. Et puis comme je viens d'avoir une voiture (enfin, elle sera officiellement à moi jeudi) (ma Gisèle) je voudrais aussi faire quelque chose pour la purifier et la protéger, elle aussi (et moi avec par la même occasion).
.:. Accomplir mon traditionnel Rituel-des-p'tits-papiers-brûlés, pour me débarrasser du négatif et de mes mauvaises habitudes (et il y a du ménage à faire cette année ...).
.:. Pourquoi pas guetter le passage de la Chasse Sauvage, embusquée sur mon balcon à la nuit tombée (même pas peur) (je suis une warrior).
.:. Oh, et puis aller me balader en forêt aussi, pour courser les champignons fuyards (ils galopent vite, les fourbes).

4) Côté moldu :

.:. Comme tous les ans, (rererererere)regarder Sleepy Hollow et The Nightmare Before Christmas (Tim Burton, je t'aime de tous les battements de mon petit coeur de sorcière)
.:. Me costumer, et peut-être tenter de dévergonder une copine ou deux pour aller déambuler dans les rues.

5) Côté musicophage :

.:. Travailler ma guitare (et là aussi, j'ai du boulot par-dessus la cabeza).
.:. Tenter un nouveau rythme au djembé pour guider mes méditations-à-tendance-voyage-chamanique.

 

En attendant tout ça, je puise inspiration et envies diverses et variées dans les tout nouveaux bébés que mon amie factrice vient tout juste de m'apporter :

 DSC08605

Vous aurez bien reconnu des almanachs de Llewellyn, dont je suis devenue mordue depuis quelques temps (trois sont encore en route, ils devraient arriver dans le courant de la semaine). Je vous en parlerai plus en détails très prochainement, pour l'instant je n'en brosserai qu'un portrait très rapide : il s'agit donc de petits ouvrages un peu plus grands que des livres de poche, constitués sous forme d'almanach (ils sont donc renouvelés tous les ans) et axés chacun autour d'un thème (vous pouvez voir que j'ai fait l'acquisition de celui sur les sabbats, du compagnon de la sorcière et d'un troisième axé sur la pratique magique) (et j'attends celui sur les plantes, la lune et le fameux "un rituel par jour"). Ils sont remplis d'articles extrêmement complets et intéressants, rédigés par des auteurs souvent connues dans le monde païen, et leur forme d'almanach les rend particulièrement pratiques à utiliser.

Je me suis jetée avidement sur celui concernant les Sabbats (qui commence à Samhain 2011 jusqu'à Mabon 2012) et j'espère avoir suffisamment de temps libre pour lire les autres pendants mes "vacances" (entre deux préparations de cours).

Seul bémol peut-être, ils n'existent qu'en anglais. Personnellement ça ne me pose pas de problème, mais je peux comprendre que certain(e)s soient rebutés par la barrière de la langue (cependant, le texte reste franchement accessible même sans être franchement bilingue, sauf peut-être en ce qui concerne le vocabulaire particulier, par exemple les noms des plantes, pour lequel un petit dictionnaire n'est pas du luxe).

Si avec tout ça je ne déborde pas d'inspiration ...

Posté par Lyra Ceoltoir à 14:00 - - Commentaires [2] - Rétroliens [0]
30 août 2011

Le Tarot d'Or

Il y a un peu plus d'une semaine, lors d'un passage à la Fnac (c'est le mal, je sais), je suis allée fureter du côté des tarots, avec la vague idée de jeter un petit coup d'oeil aux coffrets, comme ça, pour voir (ce que je suis naïve, parfois). Je n'avais pas l'intention d'acheter quoi que ce soit quand je suis tombée sur ceci :

 DSC_0095

Le tarot d'Or, de Liz Dean.

Je venais juste de lire un ouvrage de Liz Dean, sur les tarots justement, que j'avais pas mal apprécié pour sa lucidité et son synthétisme. La boîte m'ayant attirée au premier regard, le nom de l'auteur m'a poussée à la prendre entre mes mains pour la rapprocher dangereusement de mes yeux déjà séduits. Il s'est alors passé quelque chose. Quelque chose d'indescriptible. Mais que je vais essayer de décrire quand même (moi pas peur, moi warrior).

J'aime les jeux de tarot, passionnément. J'en ai beaucoup, que j'achète le plus souvent pour un coup de coeur visuel, comme des oeuvres d'art, mais en réalité je n'en utilise vraiment que deux : le Visconti-Sforza, qui est mon jeu "public", celui que j'utilise pour les consultations sur les autres (il a donc beaucoup travaillé pendant les fêtes médiévales de cet été, le pauvre), mais jamais pour moi car j'ai compris depuis bien longtemps déjà qu'il refuserait toujours de me répondre. C'est un jeu agréable pourtant, assez "gentil" (je sais que cela peut paraitre un peu barré de parler de gentillesse pour un jeu de cartes, mais je ressens vraiment une personnalité sous-jascente à tous mes jeux, et chacun a son petit caractère), conciliant, qui peut passer de main en main sans saturer (ce qui explique pourquoi il est vite devenu mon jeu "professionnel"). Il me fait penser à un vieux mentor indulgent, du genre à dodeliner de la tête et à vous regarder avec des yeux mi-attendris mi-conciliants. Le second est le Tarot des Secrets, beaucoup plus personnel celui-là, offert par ma Soeur Spirituelle quand elle était encore à mes côtés, que je n'utilise que pour les tirages que j'effectue pour les amis proches et la famille, tant il a un petit côté intime et personnel, façon "je te dis les choses comme elles sont mais ne viens pas me titiller 40 fois, j'ai une vie à côté de toi, qu'est-ce que tu crois ?". Il est plus brutal, je le sens vexé quelquefois, quand on lui pose plusieurs fois la même question sous des tournures déguisées ou que je l'utilise trop. Il sature vite, et je ne le fais pas trop passer d'une personne à l'autre, car je sens bien qu'au bout d'un moment il en a marre. Il a l'air plus jeune, plus incisif, plus direct peut-être. Mais il a moins d'endurance, aussi.
Cela dit, à chaque fois, quel que soit le jeu, quand il s'agit de tirer les cartes pour moi, c'est un désastre : le jeu ne fait que me recracher mes peurs et mes doutes à la figure, sans jamais m'apporter la moindre bribe de réponse ou le moindre conseil. A tel point que j'avais renoncé à me tirer les cartes.

Et pourtant les Dieux savent qu'en ce moment j'en aurais eu besoin. J'ai même envisagé d'aller consulter un tarologue, mais j'ai été rebutée par les tarifs (40 euros pour une séance alors que mes tarifs à moi vont de 3 à 12 euros, ça a tendance à me rendre malade). J'ai même essayé le Belline, qui a la réputation de parler franchement, mais pour moi il est resté hermétique, boudeur. Et pourtant, en ce moment, qu'est-ce que j'en avais besoin ...

Ce jour-là, à la Fnac, dans le rayon ésotérisme, j'ai pris ce coffret de tarots qui avaient l'air si beaux, mélange de style médiéval et d'un minuscule soupçon d'art nouveau, et, sur un coup de tête inexplicable, je l'ai acheté. Toujours sur un coup de tête, sans trop savoir pourquoi et finalement sans chercher à le savoir, une fois rentrée chez moi, je me suis tiré les cartes avec. Pour la première fois de ma vie, un jeu m'a répondu. Clairement, franchement, avec une douceur folle. Il a confirmé ce que je savais déjà sans vouloir me l'avouer vraiment (autruche bonjouuur), m'a donné de vrais conseils, de vrais indices, de vraies réponses. Tout d'un coup, seule dans ma cuisine avec ce jeu que je n'avais pourtant pas encore apprivoisé, je me suis sentie sereine et gonflée d'amour et de reconnaissance pour le paquet de cartes posé devant moi. J'ai su ce que je devais faire, j'ai agi en conséquence, et même si ça a été un peu difficile, je ne le regrette pas, car je sais que c'était le bon choix.

C'est amusant, la vie. Pendant 12 ans j'ai été en quête de mon jeu, je l'ai trouvé quand j'ai renoncé à le chercher. Il n'a rien de spécial, rien de particulier, c'est un tarot parmi tant d'autres. Il est très beau, c'est vrai, mais il en existe de plus somptueux encore, et ça n'a finalement guère d'importance. Je trouve les cartes trop grandes pour mes mains, j'ai parfois du mal à les battre, mais cela fait partie de son essence, de ce qu'il est. Il est déjà tellement clair, il n'allait pas non plus se laisser tripoter facilement ... Il m'a appelé dans les rayons de ce magasin, m'a convaincue de l'acquérir, et a accepté de me parler, à moi et pour moi.

Je ne rédige pas cet article pour vous conseiller ce tarot, puisque je pense que chacun et chacune d'entre nous est unique, et qu'un tarot ne peut pas convenir à tout le monde. Non, si j'écris aujourd'hui, c'est parce que je sais que l'immense majorité des aficionados de la cartomancie sont dans le même bain : pas de souci pour tirer les cartes aux autres, mais page blanche quand il s'agit de le faire pour soi. C'est normal, au fond, on manque d'objectivité, on est remplis de craintes, de doutes, d'espoirs, qui influencent les cartes au moment du tirage. Mais je crois maintenant qu'avec un jeu particulier, qui saura entrer en connexion profonde avec notre être, on peut enfin parvenir à quelque chose. La grande difficulté, c'est de le trouver. Et je ne pense pas qu'il n'y en ai qu'un seul et unique pour toute notre vie, mais plutôt qu'un jeu va nous convenir pendant un certain laps de temps, pendant une période particulière de notre vie, un aspect de notre personnalité profonde. Il suffit de le trouver au bon moment pour faire un bout de route avec lui, un peu comme avec un amant ou un ami. Et c'est une quête où seule l'intuition peut (doit !) servir de guide.

Pour celles et ceux qui sont intéressés, voici un aperçu de quelques lames (vous pouvez cliquer sur les images pour les voir en plus grand) :

DSC_0101

Et du dos des cartes (que j'adore profondément, peut-être autant que les cartes en elles-mêmes) :

DSC_0102

Posté par Lyra Ceoltoir à 14:59 - - Commentaires [6] - Rétroliens [0]
24 août 2011

A New Journey

Oyez oyez, gentes dames et damoiseaux !

Certaines et certains d'entre vous ont déjà remarqué (et fait remarquer) que ce blog prenait des allures bizarres depuis quelques temps, un peu éloignées de son but premier : le bardisme. Je m'étais alors écriée dans le post précédent qu'après tout j'étais chez moi et que je faisais bien ce que je voulais-nom-d'un-petit-vase-bleu. Cela étant dit, je suis tout de même assez d'accord, ce blog part un peu en sucette. Ca tombe bien, j'avais envie depuis longtemps d'un prétexte pour ouvrir un blog public, ouvert à tout le monde (mes amis, mes amours, mes emmerdes), où je pourrais blablater de choses et d'autres en toute impunité.

C'est donc chose faite aujourd'hui, avec (roulement de tambours), Eat an Irish is Good for your Health, que vous pouvez découvrir en cliquant joyeusement (s'il vous plait) sur la bannière suivante :

bann irish

Naturellement, je ne délaisse pas celui-ci pour autant, bien au contraire. Mais disons que je vais tenter de papillonner un touuuut petit peu moins (je me connais, je raconterai quand même des trucs inutiles ici aussi). Donc, pour toutes celles et ceux qui ont envie (on se demande bien pourquoi mais bon) de me suivre dans mes blabla de Nounouille Moldue, suivez le Mouton Vert ...

Posté par Lyra Ceoltoir à 14:44 - - Commentaires [3] - Rétroliens [0]
21 août 2011

This is your life

Hier, pendant une soirée un peu échevelée (au sens propre et au sens figuré, vous auriez vu la tronche de merlu écaillé que je me suis traîné à 7 heures du matin) avec des nouveaux amis tout neufs (sauf Lucette, qui date un peu, elle), je n'ai pas arrêté de me faire chambrer sur mon âge. Après mon banquier qui m'avait bien fait remarquer que je n'étais plus une ado insouciante, ils se sont donc amusé à me rappeler très régulièrement (environ toutes les minutes et quart) que j'étais la doyenne du groupe. Bande de porcs. Oh, mes copains-plus-vieux-chéris-que-j'aime, Jake, Nat', Paulo, Vidou, Eric, Spiderman, où êtes vouuus ?

Bref. M'est donc venue aujourd'hui l'idée totalement stupide (et inutile) de dresser une courte autobiographie de mon auguste personne à partir de quelques dates-clef marquant des évènements particulièrement débiles importants de ma petite vie de presque-vieille-d'un-quart-de-siècle.

Ready ? Go, c'mon, jerk !

1986 : Je viens au monde avec plus d'un mois d'avance, pendant une tempête de neige, le 23 décembre (j'aurai sans doute mieux fait de me péter un tibia à coups de forceps)
1989 : On m'offre mon premier mange-disque, accompagné du 33 tours de la Lambada. Je danse aussi bien qu'un pingouin sur une corde à linge.
1990 : Je regarde le Petit Dinosaure et la Vallée des Merveilles, je deviens fana de gros lézards-qui-n'en-sont-pas (ils avaient le sang chaud, je vous dis, Robert Bakker est mon idole jusqu'à la prochaine vague d'extinction massive) disparus mystérieusement dans une hypotétique chute de météorite de 65 millions d'années d'âge dans la baie du Yucatàn. Parfaitement.
1992 : Je deviens fan de Batman et je me mets au piano. Les deux évènements ne sont pas liés. Du moins je ne crois pas.
1993 : Sortie ciné de Jurassic Park, mon dino-fanatisme atteint son paroxysme (et en plus ça rime). J'habille des dinosaures en peluche avec des vêtements de poupées, rien que pour emmerder les mamies dans les jardins publics.
1995 : Je regarde Braveheart, je ne comprends pas grand chose au film en lui-même, mais la jeune prépubère qui sommeille en moi découvre qu'elle adore inexplicablement les mecs en kilt.
1996 : Je rentre en 6ème. Début de la période moche-paria-pourrie-que-je-ne-revivrai-pour-rien-au-monde, même en échange de l'intégrale de Zelda sur NES ou d'une nuit d'amour avec Christian Bale. Enfin bon, si jamais Christian Bale n'a rien à faire un de ces soirs, je veux bien reconsidérer la question.
1997 : Je suis amoureuse de Peter Buck. *soupir*
1999 :
J'apprends à tirer les cartes, à lire les lignes de la main, à faire plein d'autres trucs bizarres qui m'auraient conduite au bûcher en 1662, et j'entre définitivement dans le paganisme.
2000 :
J'ai survécu au bug de l'an 2000. Ou alors je me suis faite piéger par la Matrice, sait-on jamais.
2001 : J'ai beaucoup de mal avec l'euro. Et je trouve les pièces hyper moches.
2004 : Je décroche mon Bac (option latin s'il vous plait) avec une mention, mais je ne me souviens plus laquelle (assez bien ? bien ? l'un des deux, on s'en fout) sans avoir révisé un traitre mot, je pars vivre à 100 km de chez moi, toute seule, sans mon piano, même pas peur, je suis une warrior, bordel.
2006 : Je fais des fouilles archéologiques à Souvigny, je me prends pour Sydney Fox, je chante des chansons paillardes dans une église et je finis les fonds de bouteilles de vodka à 3 heures du matin. Ah, et je suis allée voir Placebo en concert aussi.
2007 : Je deviens végétarienne. Et non, pour la ènième fois, je ne mange pas de poisson, le poisson n'est pas un végétal, non de Zeus !
2008 :
Je décroche une Maîtrise d'Histoire de l'Art en travaillant avec autant d'acharnement qu'un foetus mort-né de chaton prématuré.
2009 :
Je laisse tomber l'Histoire de l'Art pour entrer à l'IUFM (et je m'en suis mordu les phalanges jusqu'à la moelle des os)
2010 : Je vais voir Snow Patrol en concert, je rencontre les p'tits irlandais, et je découvre que je suis frappée d'un début de narcolepsie quand un mec sexy me serre dans ses son bras en ricanant d'une voix de baryton. Gary Lightbody, si tu me lis, sache que ton épaule gauche a la même texture que mon oreiller préféré. Paul Wilson, si tu passes par ici, sache que ton épaule ne me fait pas du tout penser à mon oreiller, mais que j'y aurais bien piqué un roupillon quand même.
2011 : Je commence la guitare, et je claque la quasi intégralité de mon salaire dans mon nouveau loisir de gourdasse hystérique. Je décroche le CRPE toujours sans réviser un traître mot et je deviens officiellement institutrice.

Et puis ben, si je survis à 2012 ... Je deviendrai encore plus vieille.

Mazette.

Posté par Lyra Ceoltoir à 20:39 - - Commentaires [6] - Rétroliens [0]
20 août 2011

Move your body, dude

J'ai découvert il y a quelques jours la toute nouvelle vidéo pour le clip de la dernière chanson de Snow Patrol (qui ça ?), Called Out In The Dark, et franchement, je l'ai tellement adorée que je ne résiste pas à vous la poster ici :

 Si vous hésitez encore à la visionner, sachez que vous avez au moins 5 bonnes raisons de le faire :

1) La petite histoire du clip est vraiment sympa et rigolote : Gary Lightbody étant un acteur et un danseur déplorable, on le remplace par une doublure chantant en play-back. C'était sans compter sur l'acharnement du véritable chanteur, qui tente tout et n'importe quoi pour apparaitre sur la vidéo (surtout n'importe quoi).
2) Vous pouvez y voir Jack Davenport (mais siii, vous savez, il a joué James Norrington dans Pirates des Caraïbes !) dans le rôle du chanteur-beau-gosse-en-play-back. Et il le fait drôlement bien (agrouuuu).
3) La chorégraphie est excellente, très 70's, nunuche à souhait, sautillante à l'envie, et donne envie de bouger son corps comme devant une vidéo de Véronique et Davina.
4) Gary Light body esquisse un petit pas de danse, et voir cette grande asperge jouer des gambettes devant une caméra vaut franchement le détour.
5) Je n'ai pas vraiment de 5ème raison, mais je n'aime pas les nombres pairs, et la chanson est chouette, donc cela devrait compter comme un argument suffisant.

Je suis de plus en plus agréablement surprise par la tournure que prennent les choses du côté de Snow Patrol. Le groupe était autrefois (du temps de ses premiers albums, ceux que personne ne connait à part les afficionados du genre) plutôt libre et décontracté, et il s'était calmé depuis Final Straw, en devenant plus lisse, plus propre, avec des clips plus ... neutres ? (j'avais envie de dire "chiants", mais ce serait méchant et un peu au-delà de ce que je pense réellement. Non, "neutres", c'est bien). Des clips où l'on voyait le groupe chanter, dans de jolis décors bien propres, des clips sympas, mais qui ne s'inscrivaient pas non plus dans le Guinness. Et puis là, virage à 360°, le groupe retombe dans une audace monstre avec un titre pop-électro, et un clip humoristique où le chanteur se tourne en ridicule (regardez donc celui de Ask Me How I Am, et vous aurez un aperçu de la dernière fois où Lightbody a joué la carte de l'auto-dérision dans un clip vidéo). Et je trouve ça génial. Parce qu'il y en a marre de se prendre la tête à chercher à plaire à tout le monde, être soi-même et savoir rire de soi est, je pense, la clé de l'épanouissement. Le narcissisme n'a jamais mené quelqu'un au bonheur, bien au contraire. Alors oui, prendre des risques fait souvent peur, et nous sommes tentés de rester à nous cantonner à un quotidien facile et confortable qui renie notre originalité profonde, mais c'est une erreur, à mon sens. Mieux vaut se prendre quelques claques dans la tronche en revendiquant haut et fort ce que nous sommes sans tricher.

(Oui, tout ça pour un malheureux clip de Snow Patrol ... Quelle histoire)

Et oui, je vous l'accorde, ce blog prend de plus en plus des allures de journal intime débile. Mais bon, je suis actuellement en plein déménagement, je n'ai pas pu fêter Lughnasadh puisque j'étais morte de fatigue et que je n'avais pas d'autel à décorer, que toutes mes affaires de sorcière tambouilleuse étaient fossilisées au fin fond des cartons et que ma motivation était à peu près aussi immense que la surface en mètres carrés d'une rognure d'ongle de chipmunk. Donc ...

Donc vous avez droit à des articles façon Facebook. J'en suis navrée. Et en même temps je ne le suis pas. Je sais très bien que certain(e)s d'entre vous viennent ici en espérant avant tout avoir un aperçu de mes avancées spirituelles, mais le blabla fait aussi partie de ma vie et de la personne que je suis. Je n'ai jamais été une pagano-sorcière sérieuse et extrémiste, et ne le serai jamais. Je sifflote du Boney M en plein milieu de mes célébrations, je balance des gros mots à mes bougies, je peux rire aux éclats au beau milieu d'une prière ... Bref, l'humour fait partie intégrante de ma vie, et de ma spiritualité aussi. Je conçois très bien que certain(e)s d'entre vous puissent être surpris par la tournure que prend ce blog, surtout après avoir lu Racines & Ramilles qui, lui était très (trop) sérieux. Mais c'est justement ce manque de fantaisie, l'absence de ce grain de folie si cher à mon coeur qui m'a fait me tourner vers Conair an Bhaird : l'envie d'un blog-foutoir où je pourrais parler plus librement de mes expériences, et de moi, tout simplement. Je ne veux plus séparer la femme de la sorcière, j'ai envie d'être entière, sincère et spontanée, et le résultat est ici, sur ce blog, où se mêlent récits de célébrations, musique, réflexions et coups de tête. Je comprends que cela puisse ne pas plaire à tout le monde. Mais c'est ce que je suis.

Et puis, plaire à tout le monde, c'est avant tout plaire à n'importe qui ...

Posté par Lyra Ceoltoir à 15:33 - - Commentaires [3] - Rétroliens [0]